Après le succès de ses romans, l’auteur québécoise Anne Robillard se lance dans la bande dessinée en imaginant le prélude de sa saga.

Après douze tomes volumineux et autant de best-sellers, on pensait la saga des Chevaliers d’émeraude définitivement close. C’était sans compter sur l’intarissable créativité d’Anne Robillard, qui vient de publier le premier volet du prélude de sa célèbre série. Pour proposer une nouvelle approche de ses personnages, l’auteur s’est adjoint les services du dessinateur de BD Tiburce Oger.

« Je ne suis pas une spécialiste de la bande dessinée », concède l’auteur québécoise. « L’idée vient de mon éditeur en France (Michel Lafon, NDLR) et de Casterman. Ils m’ont présenté ce projet, qui m’a tout de suite intéressée ». Mais la romancière pose deux conditions : elle veut écrire des histoires originales, pensées et scénarisées pour ce nouveau support, et, surtout, elle souhaite choisir le dessinateur avec lequel elle va collaborer. « On m’a présenté les travaux de nombreux illustrateurs mais rien ne me plaisait. Alors j’ai moi-même feuilleté plusieurs bandes dessinées dans une bibliothèque. Je suis tombé sur un album de La Forêt, une série dessinée par Tiburce (et scénarisée par l’acteur Vincent Pérez) et j’ai dit que je voulais travailler avec lui ! », badine-t-elle.

Exercice difficile

Dans le premier album de cette trilogie en devenir, Anne Robillard revient sur la quête des membres de la future caste des Chevaliers d’émeraude. « Je voulais raconter ce qui se passe entre les livres », explique l’écrivain de 56 ans, qui répond ainsi aux fortes demandes de sa communauté de lecteurs. « Ils veulent beaucoup de détails, d’explications. Ce sont des passionnés. »

Un univers particulier avec lequel a dû se familiariser Tiburce Oger, plus habitué à sa planche à dessin qu’aux rassemblements d’elfes et de fées. « Je ne connaissais pas du tout Les Chevaliers d’émeraude », avoue le dessinateur depuis sa retraite charentaise. « Ma fille m’en a parlé et ce monde fantastique m’a plu. Il a ensuite fallu se mettre à la page en lisant quelques romans avant de pouvoir commencer mon travail avec Anne. » Les deux auteurs s’entendent à merveille et cela se voit. Si ce premier tome constitue une sorte de mise en bouche – un exercice toujours difficile –, le résultat est convaincant. Servi par les superbes couleurs de Tiburce Oger – un des derniers à travailler « à l’ancienne » sans l’utilisation de l’outil informatique –, ces Chevaliers séduisent par leur rythme soutenu auquel il ne manque peut-être qu’une touche de fluidité. « Les Chevaliers d’émeraude sont dans ma tête, c’est comme si je les connaissais. Et j’ai l’impression que Tiburce voit ce que je vois. Je n’ai donc rien à redire. Tout est parfait ! »

Tiré à 100.000 exemplaires, le premier chapitre de cette trilogie est entré dans le classement Ipsos/Livres Hebdo des meilleures ventes de livres dès sa première semaine d’exploitation. Un second triptyque est d’ores et déjà sur les rails et un troisième en préparation. De quoi satisfaire l’appétit insatiable des fans des Chevaliers d’émeraude.

France-Soir, jeudi 29 septembre 2011

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