Le musée d’art contemporain inaugure lundi sa nouvelle exposition temporaire, qui s’interroge sur la notion de perte et d’errance à travers l’espace et le temps.

Avec près d’un million de visiteurs depuis son inauguration en mai 2010, le Centre Pompidou-Metz (CPM) s’est imposé comme le premier équipement culturel de province. Et il compte bien le rester grâce à une nouvelle exposition temporaire qui ouvre aujourd’hui ses portes au public. Baptisée Erre, variations labyrinthiques, elle a pour « fil conducteur la question de la perte, de l’errance et de la déambulation », égrène Hélène Guenin, commissaire de l’exposition. « Nous nous sommes demandé ce qu’était un labyrinthe, ce motif archaïque dont on ne connaît pas les origines et dont la définition est vaste », poursuit son alter ego, Guillaume Désanges. Pour ce faire, environ 200 pièces réalisées par 70 artistes sont présentées au public dans un espace imposant à la scénographie dépouillée et minimaliste. Une alternance de murs noirs et blancs, des jeux de lumières, des cabinets de curiosités aux ambiances feutrées qui succèdent à de grands espaces illuminés : « Le visiteur doit se perdre, oublier la thématique », grâce à un parcours de plus de deux heures divisé en huit chapitres.

Première étape de cette escapade : l’architecture. Une discipline pour laquelle le labyrinthe a un caractère quasi mystique. De ce bas-relief romain à la ville spatiale imaginée par Yona Friedman, cette figure a fasciné des générations d’architectes, obsédés par la contradiction entre sa conception parfaite et sa finalité : l’errance. Le temps constitue une seconde dimension importante dans la notion de labyrinthe. Cet espace génère en effet une perte de temps, ne serait-ce que pour en trouver la sortie. Comme une voiture qui tourne désespérément en rond pour trouver une place de parking. La structure de l’esprit humain est elle aussi souvent comparée à un labyrinthe. Une organisation d’une incroyable complexité représentée par Matt Mullican sous la forme d’un immense mur composé de 70 quadrilatères de toile peinte en jaune et noir. Des pages de L’Encyclopédie y côtoient des gravures ou encore des tableaux de classification du règne animal. Enfin, le labyrinthe, censé protéger le minotaure dans la mythologie grecque, fait également de lui un prisonnier. Un paradoxe illustré par un collectif d’artistes néerlandais dans Exodus or the voluntary prisoners of architecture, un projet présentant une ville forteresse aménagée en plein cœur d’une cité existante. Une prison dorée dont les habitants ont accepté d’être captifs et qui n’est pas sans rappeler la conception de certaines grandes surfaces d’ameublement.

France-Soir, lundi 12 septembre 2011

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