Le maire de Talence a porté plainte après la diffusion d’un document « nauséabond » qui usurpait son identité.

Distribué dimanche dans l’ensemble des boites aux lettres du quartier Thouars, à Talence (Gironde), un bulletin municipal portant le logo et les armes de la cité girondine abordait la construction prochaine d’un lieu de culte pour les membres de la communauté musulmane. Le document, paraphé par le maire (Modem) de la ville, Alain Cazabonne, expliquait notamment que la municipalité avait « tout fait pour faciliter ce projet, notamment en vendant à prix préférentiel le terrain ». Il demandait également aux résidents de ce quartier « de faire le meilleur accueil à ces personnes », dans le cadre « du vivre ensemble et de la tolérance ». Des recommandations plutôt incongrues et pour cause puisqu’il s’agissait bien d’un faux document officiel. Il faut dire que certains passages ne permettait pas le doute. Que penser ainsi de ces consignes qui appelaient les femmes à « sortir en tenue décente » ou à « ne pas cuisiner de porc » lors de la grande prière du vendredi. L’interdiction de boire et de manger en public durant le ramadan, si elle fait partie des grands fantasmes des islamophobes, prêtait elle aussi à sourire.

Vaste canular ou satire politique à la sauce identitaire ? Le mystère demeure pour l’instant entier. La mairie a toutefois entrepris mardi de distribuer un nouveau bulletin municipal, authentique cette fois-ci, afin d’informer les habitants du quartier Thouars que l’élu centriste n’était pas l’auteur de ce document. Un rectificatif qui s’interroge sur l’intérêt de ce tract quatre mois après la vente par la mairie d’un terrain du quartier à l’association des musulmans de Talence dont la salle de prière était devenue trop exiguë. Les choses auraient pu en rester là, mais Alain Cazabonne n’a vraisemblablement pas apprécié la plaisanterie. Qualifiant le contenu du document de « nauséabond », il a annoncé avoir déposé plainte contre X auprès du parquet de Bordeaux pour usurpation de fonction et de titre, faux et usage de faux et incitation à la discrimination et à la haine raciale en raison de l’appartenance à un groupe religieux.

France-Soir, jeudi 8 septembre 2011

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