La ministre de l’Écologie a lancé hier les travaux d’évacuation d’une ancienne décharge sur laquelle sont stockées illégalement près de 200.000 tonnes de détritus.

La ministre de l’Écologie a assisté hier aux premiers coups de pelleteuses destinés à évacuer l’immense amas de détritus qui s’élève depuis plusieurs années en bordure nord-ouest de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). « Cette montagne de déchets est un scandale », a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, précisant que son déblaiement devrait être achevé « à la fin de l’hiver 2012 » et coûterait au contribuable la bagatelle de 14 millions d’euros, l’entreprise gestionnaire du site ayant mis la clé sous la porte en novembre dernier. La ministre compte toutefois appliquer le principe « pollueur-payeur » prévu par le Grenelle de l’Environnement en se retournant vers les sociétés qui se sont durant des années débarrassées de leurs déchets sans se soucier des conditions de leur stockage : « Nous sommes en négociation avec une quarantaine d’entreprises (…). On considère qu’on peut récupérer 7 millions ». NKM a par ailleurs annoncé qu’une série de mesures seraient prises « au premier semestre 2012 » afin d’empêcher que de telles situations ne se reproduisent.

Si le maire (Front de gauche) de la commune, Joseph Rossignol, s’est félicité du coup d’envoi des travaux, il a déploré que « l’on ait pu laisser cette montagne s’accumuler ». Même son de cloche du côté de l’Association de défense des riverains pour l’environnement de la rue Albert Garry (ADRERG) dont le président, Jean-Claude Peter, attend surtout avec une impatience teintée de crainte le résultat des expertises menées en juin dernier. « On a peur pour notre santé », explique-t-il. « Il ne faut pas être alarmiste, mais il y a cette odeur, ces poussières et les nombreux incendies qui se sont déclenchés sur le site » dégageant d’épaisses fumées nauséabondes.

Culminant à 25 mètres de haut, l’ancienne décharge de LGD Développement s’étend sur plus de 200 mètres de long et renfermerait près de 200.000 tonnes de déchets du bâtiment. Depuis janvier 2009, plus aucun tri n’y est effectué, la société se contentant d’y accumuler toute sorte de détritus. « Il y a des gravats, du plastique, des pots de peinture, des bidons de dissolvant et même de vieux matelas », égrène Jean-Claude Peter, qui habite à moins de 200 mètres de ce dépotoir à ciel ouvert à proximité duquel se trouve, comble de l’ironie, un éco-quartier en construction. La présence d’amiante n’a d’ailleurs pas été exclue par Nathalie Kosciusko-Morizet qui a qualifié de « voyou » le comportement de l’entreprise dont le gérant, Patrick Bueno, a été condamné en juin dernier à 18 mois de prison avec sursis et obligation de remise en état des lieux par le tribunal correctionnel de Créteil. Jugement dont l’ancien chef d’entreprise a fait appel.

Une montagne de déchets

2000.000 tonnes de détritus

L’ancienne décharge de l’entreprise LGD Développement culmine à 25 mètres de haut et s’étend sur plus de 200 mètres de long. Il contiendrait près de 200.000 tonnes de déchets issus du bâtiment. Les associations de riverains craignent la présence d’amiante dans cet immense dépotoir à ciel ouvert.

Incendies à répétition

En raison du dégagement de méthane, le cœur de l’ancienne décharge est constamment en combustion. Des incendies à répétition qui dégagent d’épaisses fumées et qui ont nécessité l’installation de douze canons à eaux tout autour du site afin d’empêcher leur propagation.

14 millions d’euros

Le déblaiement et le tri des gravats stockés à Limeil-Brévannes devrait s’achever fin 2012. Le chantier, dont le coût est estimé à 14 millions d’euros (pris en charge par l’État) a été confié à l’entreprise Véolia.

France-Soir, mardi 6 septembre 2011

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