Le jugement rendu par le tribunal administratif de Caen il y a un an va être contesté début septembre.

Près d’un an après avoir été décrochée de la salle des délibérés du conseil municipal de la mairie de Gonneville-sur-Mer (Calvados), la photo du maréchal Pétain fait à nouveau polémique. L’Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) a en effet « formé une tierce opposition » au jugement rendu le 26 octobre 2010 par le tribunal administratif de Caen qui enjoignait au maire de la commune de procéder « au retrait du portrait » du leader de la France de Vichy. Une voie de recours peu courante qui est ouverte aux personnes physiques ou morales n’ayant pas été parties à la procédure initiale alors même qu’elles avaient des intérêts à y défendre leurs droits. Avant de s’attaquer directement au jugement de la cour, l’association devra donc au préalable prouver, lors de l’audience du 6 septembre prochain, qu’elle a des raisons valables de se lancer dans cette action en justice.

Pour la municipalité normande, « l’affaire est close ». « Nous n’avons pas de commentaire à faire, ce n’est pas dans notre intérêt », a expliqué une employée de mairie jointe hier dans l’après-midi. « Cette affaire nous a suffisamment perturbée pendant un an », précise-t-elle avant de confirmer que le cliché en noir et blanc du chef de l’Etat français a bien été retiré en octobre dernier « conformément au jugement du tribunal administratif ». Le maire (SE) de Gonneville-sur-Mer, Bernard Hoyé, avait à plusieurs reprises refusé de décrocher la photo incriminée malgré les demandes répétées de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et de la préfecture du Calvados. Il avait fait valoir qu’elle « trouvait sa place dans une galerie de portraits historiques des chefs de l’Etat depuis 1871 », un argument rejeté par le tribunal.

Le 15 août 1945, le vainqueur de Verdun a été condamné à mort par la Haute Cour de justice pour intelligence avec l’ennemi et haute trahison. Un détail qui semble échapper aux membres de l’ADMP, qui demande la révision de son procès et le transfert de ses cendres à l’ossuaire de Douaumont (Meuse). Pis, elle édite une revue – Le Maréchal – et alimente un site Internet qui glorifie notamment l’action de Philippe Pétain durant la Seconde Guerre mondiale.

France-Soir, mercredi 17 août 2011

Publicités