Les deux géants de l’industrie aéronautique civile devront bientôt faire face à un nouveau concurrent puisque le constructeur chinois Comac prévoit de lancer un moyen-courrier en 2016.

Le 49ème Salon du Bourget, plus grand événement aéronautique et spatiale du monde avec plus de 2.100 exposants et 340.000 visiteurs lors de l’édition du centenaire en 2009, accueille pour la première fois un nouveau venu sur le marché de l’aviation de transport civil. L’avionneur Comac (Commercial Aircraft Corporation of China) y présente en effet la maquette de son futur moyen courrier qui devrait concurrencer à l’horizon 2016 l’Airbus A320 et le Boeing B737.

Installé dans le hall 5, un peu à l’écart de la frénésie du hall principal et du tarmac d’où décollent les avions pour les démonstrations en vol, le stand du constructeur chinois est plutôt sobre par rapport à celui de ses concurrents européen et américain. Un tableau récapitulatif des performances attendues de l’appareil, une vidéos de présentation et un peu de documentation en anglais ou… en chinois ! Rien en comparaison du grand étalage offert par Airbus et Boeing qui se mènent une guerre sans merci par délégations interposées. Au centre de cet espace de 500 m2 solidement encadré par les stands d’équipementiers ukrainien, suisse ou encore français, trône tout de même l’imposante maquette grandeur nature du cockpit et de la partie avant du fuselage du futur Comac C919, premier avion de ligne de fabrication chinoise.

Telles des vedettes du grand écran, les curieux sont invités à emprunter un grand escalier recouvert d’une moquette rouge flamboyante afin de découvrir l’intérieur de la carlingue du biréacteur. Des hôtesses de l’air tout de rouge vêtues (décidément…) accueillent les visiteurs et les orientent vers le cockpit puis l’espace réservé aux passagers. De part et d’autre du seul et unique couloir central sont répartis quatre et six sièges confortables (respectivement pour la classe affaire et la classe économique) tous équipés d’écran plats et de tablettes individuelles. Un aménagement on ne peut plus classique qui permettra au C919 de transporter jusqu’à 168 passagers et qui le mettra en concurrence directe avec les deux seuls avions de cette catégorie actuellement sur le marché, à savoir l’Airbus A320 et le Boeing B737, et avec le futur CSeries du canadien Bombardier. Le marché des moyens courriers étant promis à un bel avenir avec le développement du transport aérien dans les pays émergents, au moins deux autres constructeurs – le brésilien Embraer et le russe Sukhoï – pourraient d’ailleurs dans un avenir proche réclamer eux aussi leur part du gâteau.

Reste à savoir si ce nouvel appareil a ses chances face aux géants Airbus et Boeing qui règnent actuellement sans partage sur le marché des moyens et longs courriers. Si Comac met largement en avant les quatre « plus » de son biréacteur (sécurité, confort, rentabilité et écologie), ces annonces ne semblent pas effrayer outre-mesure le constructeur européen. « Nous savions depuis un certain temps que de nouveaux acteurs allaient arriver sur ce secteur stratégique en plein essor », explique-t-on chez Airbus dont la chaîne de montage en Chine vient de livrer son 52ème A320. « Notre stratégie est de nous différencier par l’innovation ce qui nous permettra de garder un écart stratégique par rapport à nos concurrents ». D’où le lancement de l’Airbus A320 Neo qui consommera 15% de carburant en moins par rapport à la première version de ce best-seller et qui sera commercialisé en 2016. « Nous faisons valoir notre expérience, la maturité de nos produits et leur éco-efficience, tant d’un point de vue écologique qu’économique ».

Pour renforcer sa crédibilité à l’internationale et mener la vie dure à ces deux avionneurs, Comac a décidé de collaborer avec différents équipementiers occidentaux, comme CFM (General Electric et Snecma) pour la motorisation, Michelin pour les pneumatiques ou encore Safran pour les câblages. Des entreprises dont le savoir-faire profitera au jeune constructeur chinois dont le premier avion ne présente aucune réelle avancée technologique.

Pour l’instant, une centaine d’exemplaires du Comac C919 ont été commandés, essentiellement par des compagnies aériennes chinoises. Le biréacteur n’a séduit qu’un seul client étranger, la branche de leasing de l’américain General Electric. Des discussions semblent néanmoins engagées avec d’autres transporteurs occidentaux et de nouveaux contrats pourraient être officialisés dès la certification de l’appareil.

Nouvel avion de combat

Le 11 janvier 2011, le J-20 a effectué son premier vol depuis l’aérodrome de Chengdu. Cet appareil se veut la réponse technologique au dernier-né de la firme russe Sukhoï, le véloce T-50, et au Lockheed-Martin F-22 Raptor et F-35 Lightning II américains, desquels il semble en partie s’inspirer. Reste à savoir s’il s’agit-là du prototype d’un nouvel appareil de combat ou d’un simple démonstrateur.

au Salon du Bourget, Philippe Peter

France-Soir, mardi 21 juin 2011

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