L’ancienne base aérienne de Francazal intéresse un grand studio de cinéma américain. Les porteurs du projet seront reçu aujourd’hui en préfecture.

Ce n’est ni une plaisanterie, ni un canular. Un grand studio de cinéma hollywoodien envisage très sérieusement de s’installer sur l’ancienne base aérienne de Toulouse-Francazal (Haute-Garonne), désaffectée depuis août 2010. Une information révélée par nos confrères de La Dépêche du Midi et confirmée hier par la préfecture de la région Midi-Pyrénées qui nous a indiqué que « les services de l’État avaient bien pris connaissance du dossier », précisant que « les porteurs du projet seront reçus demain (aujourd’hui) en préfecture ».

La major américaine, qui préfère rester discrète, souhaite acquérir l’ensemble de l’ancien terrain militaire, soit une emprise de 150 hectares. « Mes clients se sont montrés intéressés par ce vaste espace clos qui comporte de nombreux hangars réutilisables quasiment en l’état », a expliqué Me Jacques Lavergne, conseiller juridique du promoteur de ce projet fou, l’architecte toulousain Bruno Ganja, qui a été directement mandaté par la mystérieuse société américaine pour faire aboutir au plus vite ce dossier. Autres avantages de Francazal : la piste d’atterrissage, qui permettra de faire venir en toute discrétion les plus grandes stars hollywoodiennes, ou encore l’excellent climat et les paysages splendides qui caractérisent la région et permettront des tournages en décors naturels. « Si le projet aboutit, les nouveaux studios de Toulouse deviendront les plus grands d’Europe et parmi les plus importants du monde », a indiqué l’avocat, précisant qu’ils devraient générer « 5.000 emplois directs et indirects » avec la construction d’une école de cinéma à la clé. « Sur ce type de projet, on sait qu’un euro investi rapporte deux euros cinquante à l’économie locale ».

Le studio hollywoodien prévoit d’investir 80 millions d’euros dans la remise en état des lieux. « C’est spartiate, mais fonctionnel. L’armée n’a pas fait dans la fioriture, mais toutes les constructions sont en dur, donc plutôt en bon état ». Le chantier de réhabilitation doit être lancé en 2012 pour un premier tournage programmé début 2013. De nombreux autres projets ont néanmoins été déposés en préfecture, notamment celui prévoyant la reconversion du site en aérodrome d’affaires et de soutien industriel à l’aéronautique. Un dossier qui attire l’ire d’un collectif de riverains qui s’oppose au maintien en activité de la piste de Francazal et qui a remis au préfet en février une pétition comportant 5.000 signatures.

Le mystérieux studio hollywoodien

Bruno Granja, mandataire du major américain, et son conseiller juridique, l’avocat Jacques Lavergne, ont tenu a garder secret le nom de leur employeur. Nous apprendrons simplement qu’il s’agit d’une société américaine qui détient d’autres studios de cinéma, notamment à Budapest. Silence total également du côté de la préfecture. Impossible donc de savoir avec certitude qui se cache derrière ce mystérieux investisseur. Un nom revient toutefois régulièrement : celui des studios indépendants américains Raleigh, déjà implantés à Hollywood ou encore Detroit, et qui ont inauguré l’année dernière de nouvelles installations à Rakospalota, dans la banlieue de la capitale hongroise.

France-Soir, mercredi 8 juin 2011

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