Une association écologiste a déposée plainte contre l’entreprise Areva qu’elle accuse d’utiliser des « installations industrielles illégales » sur son site de Bessines-sur-Gartempe.

L’occasion était trop belle. L’association Sources et Rivières du Limousin (SRL) a profité du passage d’Anne Lauvergeon à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) pour porter plainte contre Areva pour « infraction au code de l’environnement ». La présidente du directoire du groupe nucléaire français était en effet dans cette commune mardi où elle a posé la première pierre d’un nouveau laboratoire qui produira du plomb 212, un isotope rare qui doit permettre de lutter contre les formes les plus agressives de cancer. « Lasse d’attendre depuis près de quatre ans une action efficace des autorités administratives, SRL porte plainte (…) pour trois délits d’exploitation sans autorisation d’activités industrielles dangereuses pour l’environnement et la santé », a indiqué l’association écologiste dans un communiqué auquel était adjoint une copie du dépôt de plainte auprès du Procureur de la République de Limoges.

Le site exploité par Areva à Bessines-sur-Gartempe abriterait « trois installations inconnues des services de l’État et pourtant soumises à autorisation industrielle », comme le révèlent des rapports d’inspection rendus en 2007, 2008 et 2009. SRL évoque une « carothèque » où sont stockés « plusieurs milliers de tonnes d’échantillons de minerai provenant du monde entier », « un parc grillagé et un hangar abritant des déchets métalliques et technologiques contaminés », de même que « deux hangars » contenant « plusieurs tonnes de déchets radioactifs provenant des installations de recherche ». Selon Laurent Blaszczyk, porte-parole d’Areva pour le site de Bessines-sur-Gartempe, SRL a « une vision passéiste et rétrograde » du nucléaire. « On peut faire dire n’importe quoi à un tas de cailloux. On est dans le fantasme et le mythe du déchet nucléaire », explique-t-il, précisant que « le moindre mètre carré de nos installations est connu des autorités compétentes ».

De manière plus générale, SRL affirme dans son communiqué vouloir dénoncer « les problèmes graves liés à l’exploitation passée des sites miniers » détenus par le leader mondial de l’énergie nucléaire, « à la défaillance totale de la gestion de l’après-mine et à l’exploitation actuelle d’installations diverses ». L’association avait d’ailleurs déjà déposé plainte la semaine dernière contre Areva qui ne respecte pas, selon elle, un arrêté municipal prévoyant le stockage de boues radioactives sur la commune de Compreignac, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Bessines-sur-Gartempe.

France-Soir, jeudi 2 juin 2011

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