Le nouveau siège du ministère de la Défense, à Paris, a été dévoilé mardi. Dès 2015, il rassemblera les trois armes sur un même site.

Monumental, écologique, mais également furtif et mystérieux. C’est en ces termes grandiloquents que Nicolas Michelin a décrit le bâtiment principal du futur siège du ministère de la Défense qui sera construit dans le quartier de Balard, dans le XVe arrondissement de Paris, et dont la maquette a été dévoilée mardi. L’architecte voit son œuvre comme une « machine naturelle » puisqu’elle fonctionnera de manière autonome dix mois dans l’année grâce à l’énergie solaire, la géothermie, et un système de circulation de l’air qui va permettre de supprimer la climatisation mécanique dans l’ensemble de l’édifice, à l’exception des zones dites sensibles. C’est un bâtiment « qui a de l’allure, qui a le prestige pour une fonction régalienne, mais qui est également fonctionnel et moderne, ce qui est encore plus important », a de son côté indiqué Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens combattants, qui a rappelé que le choix de Balard, acté en décembre 2007, était pour lui « très pertinent » puisque « c’est un site qui a un sens », tant d’un point de vue pratique qu’historique.

Porte monumentale

Le nouvel édifice occupera 5 des 16,5 hectares du nouveau site du ministère de la Défense. D’une allure résolument moderne et dynamique, sa façade (côté boulevard Valin) sera formée de strates horizontales alternant le verre sérigraphié et le verre céramique, le tout devant ressembler à une « falaise crayeuse ». La porte d’entrée sera quant à elle monumentale, afin de bien accentuer le caractère régalien de l’ensemble. Côté boulevard périphérique, seule la toiture métallique plongeante sera visible. Contre toute attente, « le cœur du nouveau siège du ministère de la Défense sera composé de jardins qui représenteront 60 % de la surface au sol », a précisé Nicolas Michelin. Pour ce faire, les bâtiments reposeront sur des pilotis. L’ancienne Cité de l’air (édifiée dans les années 1930) sera, quant à elle, rénovée et « végétalisée », tandis que 90.000 m2 de bureaux seront construits dans la pointe ouest du site, en face du siège de France Télévisions.
Reste à passer l’examen final, à savoir l’obtention du permis de construire. Et tout n’est pas encore acquis puisque la Ville de Paris a indiqué mardi dans un communiqué que la réalisation de ce projet supposait « 
qu’il soit rendu compatible » avec le plan local d’urbanisme (PLU). « L’existence de trois émergences de 43 mètres qui dépassent le plafond actuel du PLU », soulève un problème.

Un chantier pharaonique

Site unique

Le ministère de la Défense va regrouper près de 9.300 militaires et civils actuellement dispersés sur une quinzaine de sites. La plupart des bâtiments vont être revendus, ce qui devrait permettre de dégager une recette de 600 millions d’euros.

Emménagement en 2015

Si le bassin des carènes est actuellement en cours de démolition, le chantier de construction du nouveau bâtiment doit démarrer en 2012. Le déménagement du ministère est, quant à lui, prévu fin 2014-début 2015.

3,5 milliards d’euros

Le groupe Bouygues mènera cette opération dans le cadre d’un partenariat-public-privé. Le montant total du contrat est évalué à 3,5 milliards d’euros. A partir de 2014 et jusqu’en 2041, l’Etat devra payer une redevance annuelle de 130 millions d’euros.

France-Soir, mercredi 1er juin 2011

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