Recouverte il y a plus d’un siècle, cette rivière longtemps utilisée comme un égout va en partie retrouver l’air libre pour favoriser la biodiversité.

Crédit : SMBVB

Détournée, canalisée, maltraitée, polluée et finalement coiffée d’une chape de béton comme pour camoufler une réalité poisseuse et nauséabonde. Utilisée pendant des siècles comme égout à ciel ouvert, la Bièvre, qui avait été en grande partie recouverte entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle, va bientôt retrouver la lumière. Un contrat inédit d’un montant conséquent de 216 millions d’euros vient en effet d’être signé par neuf organismes locaux (conseils généraux, communautés d’agglomérations et syndicats d’assainissement). Objectif : rouvrir partiellement le cours d’eau d’ici 2015 afin d’offrir des sites de promenade au public et favoriser la biodiversité dans des zones très urbanisées.

Petit rivière de 36 kilomètres de long, la Bièvre prend sa source à Guyancourt (Yvelines). Elle traverse cinq départements d’Ile-de-France avant d’entrer dans Paris (à hauteur de la Poterne des peupliers, dans le XIIIème arrondissement) et de se jeter dans le collecteur des égouts de la capitale. Ce cours d’eau est peu connu des Franciliens. Et pour cause : dès la fin du XVIIIème siècle, les rejets industriels et les eaux usées communales l’avaient tant dégradée que ses eaux poisseuses présentaient d’importantes nuisances pour les riverains. La partie aval de son bassin commençait également à fortement s’urbaniser, laissant peu de place aux espaces naturels. La Bièvre a donc été progressivement canalisée et recouverte de son embouchure (initialement située près de la gare d’Austerlitz) jusqu’à Antony (Hauts-de-Seine), soit environ un tiers de son parcours.

La Bièvre actuellement couverte, à Cachan. Crédit : SMBVB.

Aujourd’hui, la tendance s’est inversée et les villes tentent autant que faire se peut de préserver ce qu’il leur reste d’espaces verts. « Nous ne pourrons pas rouvrir l’ensemble de la rivière », essentiellement pour des raisons d’urbanisme, « mais nous le ferons partout où cela sera possible », explique Jean-Jacques Bridey, président du Syndicat mixte du bassin versant de la Bièvre (SMBVB). Pour ce faire, la rivière sera progressivement nettoyée de ses polluants et déconnectée du réseau d’assainissement. « Il faut qu’elle se régénère en amont afin de pouvoir à nouveau se jeter dans la Seine ». Un chantier qui doit également permettre de lutter contre les risques d’inondation grâce à une meilleure gestion des eaux de ruissellement.

France-Soir, vendredi 27 mai 2011

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