La France va prochainement employer des hélicoptères de combat sur le théâtre d’opération libyen afin d’accélérer la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Fer de lance de l’Alat, l’aviation légère de l’armée de terre, l’Eurocopter Tigre va prochainement entrer en action afin de renforcer les forces spéciales françaises actuellement déployées en Libye. Entré en service en 2003, cet hélicoptère d’attaque, fruit de la collaboration militaire et technologique franco-allemande, est actuellement l’un des meilleurs appareils de sa catégorie. Il n’a cependant que très peu été éprouvé au combat jusqu’à présent, son premier engagement, en Afghanistan, remontant seulement au mois de juillet 2009. Un exemplaire y a d’ailleurs été perdu sur accident en février dernier, sans mal pour l’équipage.

D’un poids total de six tonnes, le Tigre n’en est pas moins particulièrement agile. Il est notamment capable d’effectuer un looping, une manœuvre a priori impossible à réaliser par un hélicoptère. Puissant, rapide, lourdement armé et doté d’une avionique digne de celles qui équipent la dernière génération d’avions de combat, le Tigre est un tueur de char destiné à intervenir au plus près du front en soutien des troupes engagées au sol, tel un blindé des airs. Des qualités qui ont évidemment un prix puisque le coût d’une seule de ces bêtes de guerre est d’environ 73 millions d’euros. Employé par le France, le Tigre a également été acquis par l’Allemagne, l’Espagne et l’Australie.

Chef de file de l’intervention armée en Libye, la France a donc décidé de franchir une nouvelle étape dans son engagement militaire dans la région en envoyant une douzaine d’hélicoptères de combat de l’Alat soutenir les troupes rebelles et les commandos français au sol. Selon nos confrères du Figaro, ces aéronefs ont été embarqués en début de semaine dernière à bord du BPC (bâtiment de projection et de commandement) Tonnerre, sistership du porte-hélicoptère d’assaut Mistral, qui a appareillé jeudi dernier de Toulon direction la Libye. Si l’état-major des armées a confirmé le départ du navire, il s’est refusé à tout commentaire « sur les moyens embarqués à bord du bâtiment, afin de préserver la sécurité d’éventuelles opérations futures ».  Hier, en fin d’après-midi, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, a par ailleurs indiqué que des hélicoptères allaient être envoyés en Libye.

Difficile toutefois de savoir quel type d’hélicoptère aurait exactement été embarqué à bord du Tonnerre. Qu’il s’agisse de Gazelle, modèle d’hélicoptère de combat plus ancien mais toujours en service au sein de l’Alat, ou plus vraisemblablement de Tigre du 5ème régiment d’hélicoptère de combat de Pau, voire un panachage des deux, l’emploi de cette arme semble en tout cas répondre à un besoin urgent : mettre un terme au plus vite à un conflit qui s’enlise inexorablement. En effet, deux mois après le début des frappes, la situation n’évolue plus, les insurgés se révélant incapables d’obtenir une victoire décisive sur les forces du colonel Kadhafi. Une solution rapide doit pourtant être trouvée dans la mesure où les pays membres de la coalition souhaitent mettre un terme au conflit avant la fin du mois de juillet qui coïncide avec le début du ramadan et les fortes chaleurs. Côté français, le gouvernement se verrait également obligé par une loi récente à requérir l’autorisation du Parlement pour la prolongation de son engagement lorsque celui-ci dépasse quatre mois. Capables d’intervenir au plus près de le ligne de front, les hélicoptères pourraient permettre aux insurgés d’obtenir une supériorité décisive sur leurs adversaires et réduire au silence les derniers blindés lourds des forces libyennes, ouvrant ainsi la voie à une offensive sur Tripoli. Une stratégie qui présente pourtant des risques puisque des soldats français se trouveraient dès lors directement exposés aux tirs d’armes anti-aériennes.

France-Soir, mardi 24 mai 2011

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