L’architecte du Centre Georges-Pompidou a été désigné pour faire de l’ancienne citadelle militaire un pôle universitaire. Coût des travaux : 163,3 millions d’euros.

L’ancienne citadelle d’Amiens (Somme), inoccupée depuis le départ de l’armée en 1993, va bientôt connaître une seconde jeunesse. Cet ensemble foncier de 13 hectares (auxquels s’ajoutent les cinq hectares du Plateau), dont l’emprise bloque depuis plusieurs décennies l’expansion de la ville vers le nord, va être réhabilité et transformé en un pôle universitaire capable d’accueillir 8.000 étudiants. Un chantier qui devrait enfin permettre de tisser des liens entre le centre-ville et des faubourgs pour le moment isolés, comme le quartier Saint-Maurice, l’îlot des Teinturiers ou encore les quartiers nord, classés en zone urbaine sensible (ZUS).

C’est le projet de l’architecte italien Renzo Piano qui a été choisi par Amiens Métropole, maître d’ouvrage, parmi les 72 dossiers présentés. Le concepteur du Centre Georges-Pompidou n’en est pas à son coup d’essai en matière de réhabilitation puisqu’il avait déjà réussi le pari de transformer le Lingotto, ancien site industriel du constructeur automobile Fiat à Turin (Italie), en vaste centre des congrès. Le projet prévoit de conserver le patrimoine bâti remarquable (comme le logis du Gouverneur, le casernement ou encore les écuries) et de faire de l’ancienne place d’armes non seulement le centre névralgique du nouveau pôle universitaire, mais également un véritable lieu de rassemblement pour les Amiénois. Le but étant de ne pas perpétuer l’isolement de la citadelle en l’enfermant dans sa nouvelle fonction de campus universitaire, mais bel et bien d’en faire un endroit convivial, ouvert et intégré au tissu urbain.

Une entreprise rendue délicate par la topographie complexe du site, l’implantation des bâtiments ou encore l’ancien caractère défensif de l’ouvrage. Quatre entrées réaménagées permettront donc de réaliser les indispensables connections avec les quartiers voisins. La porte Montrecu au sud-est et la porte Royale au sud ouvriront la citadelle sur le centre-ville, tandis que la porte François Ier assurera l’accès par l’est. Au nord, la porte d’Abbeville mènera, via une passerelle, au Plateau où seront notamment construits un restaurant universitaire et un gymnase. Ces travaux, divisés en deux tranches, débuteront en 2012 et s’étaleront sur huit ans pour un coût total de 163,3 millions d’euros.

France-Soir, vendredi 20 mai 2011

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