La capitale limousine espère voir sa porcelaine inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco dès l’automne prochain.

Après le compagnonnage, la dentelle d’Alençon et le repas gastronomique en 2010, la porcelaine de Limoges espère elle aussi obtenir son classement au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco dès cet automne. « La ville porte ce dossier depuis trois ans, en étroite collaboration avec l’Union des fabricants de porcelaine », explique Monique Boulestin, députée et première adjointe au maire (PS) de Limoges (Haute-Vienne). « Nous avons réunis tous les acteurs de l’industrie porcelainière afin que les membres du jury sentent qu’il y a une réelle volonté générale de protéger et de valoriser ce savoir-faire ». La dizaine de manufactures du département, de même que les centres de formation à la fabrication et à la décoration de la porcelaine ou encore les syndicats de l’industrie porcelainière ont ainsi amené leur pierre à l’édifice. « La tradition de la porcelaine concerne toute la région », assure Michel Bernardaud, vice-président de l’Union des fabricants de porcelaine de Limoges et président de l’association pour l’inscription de la porcelaine de Limoges au patrimoine de l’Unesco, qui précise qu’environ 2.000 personnes vivent directement de cette activité. Reste à prouver qu’elle représente une « valeur universelle exceptionnelle » selon les critères fixés par l’Unesco. « Nous avons présenté un dossier qui démontre que les gestes nécessaires à la réalisation d’objets en porcelaine sont issus d’un savoir-faire que nous sommes en mesure de transmettre », indique Monique Boulestin qui a donc bon espoir que cette candidature aboutisse.

Validé par le ministère de la Culture en 2010, le dossier limougeaud sera examiné d’ici la fin du mois de juin par un collège d’experts de l’Unesco. Le jury final, composé des représentants de 21 pays, rendra quant à lui sa décision à l’automne. Celle-ci sera officiellement proclamée au mois de novembre, lors de la sixième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel organisée à Bali (Indonésie). En cas de réponse positive, ce classement aurait des « incidences dans les domaines économique, touristique et culturel », puisqu’il permettrait notamment de consolider un secteur d’activité qui reste encore fragile et de bénéficier de l’aura de l’Unesco.

France-Soir, mercredi 4 mai 2011

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