Le Musée français du chemin de fer vient d’inaugurer une nouvelle halle d’exposition de 12.000 m2 rassemblant 60 locomotives, voitures voyageurs et wagons marchandises de collection.

Les odeurs de charbon, d’huile moteur, de lubrifiants et de bois dégagées par les énormes monstres d’acier rutilants embaument la nouvelle halle d’exposition de la Cité du Train, à Mulhouse (Haut-Rhin). A intervalle régulier, leurs impressionnantes mécaniques se mettent en branle et les grandes cheminées dressées fièrement vers le ciel crachent une fumée blanche et dense. Douze voies, 60 locomotives, voitures voyageurs et wagons marchandises : dans cet espace de 12.000 m2 désormais entièrement remanié, ce sont près de 170 années d’histoire ferroviaire qui s’offrent aux yeux des visiteurs. Baptisé « Les Quais de l’Histoire », il a été inauguré vendredi par Jean-Marie Bockel, président de Mulhouse Alsace Agglomération, et Guillaume Pepy, président de la SNCF, qui n’ont pas hésité à sauter dans le petit train électrique utilisé pour les visites commentées afin d’en découvrir les recoins les plus secrets.

Inauguré en 1971, le Musée français du chemin de fer répondait à l’époque au besoin exprimé par la SNCF de préservation et de promotion de son patrimoine roulant. Mais, depuis plusieurs années, « il ne correspondait plus aux attentes du public », avoue Philippe Mirville, son président. Un nouveau bâtiment est donc été inauguré en 2005, le site devenant la Cité du train, une dénomination jugée plus moderne. Six ans plus tard, pour son 40ème anniversaire, le musée mulhousien poursuit sa modernisation avec une nouvelle exposition retraçant l’histoire du transport ferroviaire, de la Buddicom Saint-Pierre, construite en 1844, à la Capitole et son inoubliable livrée rouge vif, en passant par l’élégant autorail Bugatti ou encore la locomotive Mikado, commandée à plus de 1.300 exemplaires à l’industrie nord-américaine pour recomposer le parc ferroviaire français après la Deuxième guerre mondiale. « Ce musée, c’est une part de l’affection qu’ont les Français pour le train », explique Guillaume Pepy. « Nous allons essayer de mettre encore plus en lumière ce patrimoine, mais il n’est absolument pas question de distraire une rame de TGV pour l’exposer ici », a-t-il précisé, répondant à une demande pressante de Philippe Mirville. Avec 90.000 visiteurs l’année dernière, la Cité du Train mise sur une hausse de sa fréquentation de 5% en 2011. Avec un objectif à court terme : passer à nouveau la barre des 100.000 entrées.

France-Soir, lundi 2 mai 2011

Publicités