Une pétition circule contre le projet d’installation d’un monument représentant le duc de Lorraine Charles III.

Son règne en Lorraine a été marqué par un essor économique considérable et le lancement des travaux de la ville neuve de Nancy. Charles III (1543-1608), duc à partir de 1559 et filleul du roi François Ier, devrait prochainement être honoré par l’ancienne capitale ducale. Une statue équestre le représentant doit en effet être installée sur la place du marché de Nancy (Meurthe-et-Moselle), parallèlement aux travaux de rénovation du quartier Saint Sébastien situé justement en plein cœur de la zone construite sous son règne à partir de la fin du XVIème siècle.

Une édification qui n’est pas du goût de tout le monde puisqu’une pétition la critiquant a été lancée il y a une douzaine de jours sur Internet. Elle a déjà recueilli près de 1.350 signatures. Les contestataires dénoncent un projet « au coût extravaguant d’un million d’euros (…) décidé sans concertation ». Ils l’estiment « anachronique, fermé à la création et à l’imaginaire ». Pour les signataires – parmi lesquels de nombreux artistes et une partie de l’opposition municipale – cette statue équestre de Charles III ne serait qu’un « austère pastiche se voulant un hommage historique au génie d’un urbaniste paré en homme de guerre ». En lieu est place de ce monument « totalement déconnecté de notre siècle », les pétitionnaires propose l’aménagement d’un « espace joyeux et vivant », comme une fontaine ludique ou une œuvre contemporaine.

Pour Denis Grandjean, adjoint à l’urbanisme de Nancy, « le choix de cette statue de Charles III s’imposait. Il était évident ». Pas sûr de toute manière que cette pétition change grand chose au projet qui a par ailleurs reçu l’adhésion de Jean-Luc Manoury, responsable départemental du Front national. Un soutien dont la municipalité lorraine se serait sans doute bien passé…

La statue équestre de Charles III sera la reproduction d’une sculpture en bronze réalisée au XVIIème siècle par les frères Chaligny, fondeurs nancéens, et aujourd’hui exposée au Musée Lorrain, à Nancy. La date de son installation n’a pas encore été fixée.

France-Soir, vendredi 22 avril 2011

Publicités