La municipalité a lancé un projet de reconversion de ses anciennes aciéries qui occupent aujourd’hui une zone de 45 hectares en plein centre-ville.

Vue aérienne du site des anciennes aciéries de Saint-Chamond.

« Ce qui a façonné notre ville, ce sont ses aciéries. Chaque habitant a été concerné de près ou de loin par ce qui se passait dans ces usines », assure Philippe Kizirian, maire (PS) de Saint-Chamond (Loire). Située à une douzaine de kilomètres de Saint-Étienne, cette commune de 36.000 habitants est en effet célèbre pour ses forges qui occupaient, à leur apogée, une zone de 45 hectares située en plein cœur de la ville. Du fait de la crise économique, les aciéries de la société Creusot-Loire (dernier nom porté par le groupe industriel qui regroupait la plupart des usines métallurgiques de Saint-Chamond) ont fermé leurs portes en 1984, laissant derrière elles d’immenses halles vides. Usinor (devenue depuis Arcelor-Mittal) ou encore GIAT les ont remplacés sans toutefois occuper l’ensemble de la friche industrielle.

Avec le départ en 2006 du fabriquant d’armes, puis celle annoncée il y a un mois à peine de l’usine Siemens, la vallée, fortement sinistrée (le chômage y a augmenté de 37% lors de ces trois dernières années), a plus que jamais besoin d’un coup de pouce pour sortir du marasme. « D’où cet ambitieux projet de reconversion du site des anciennes aciéries de Saint-Chamond » qui vise à concilier passé industriel et innovations. « Depuis plusieurs années, la ville perd des habitants et le centre se paupérise fortement », déplore Philippe Kizirian. « Notre objectif est de maintenir le pôle industriel actuel tout en construisant un éco-quartier d’habitations pour faire revenir les classes moyennes au centre-ville ».

Sur les 45 ha du site, 15 ha sont actuellement occupés par des entreprises en activité et 15 autres réhabilités seront toujours dédiés à l’industrie et aux PME. 7 ha seront réservés à la construction d’immeubles d’habitations, de commerces et de services. Un parc de 5 ha doit quant à lui permettre de tisser un lien entre les quartiers situés autour du site industriel pour le moment isolés les uns des autres. Un projet de tram-train est également envisagé à l’horizon 2020. Montant global des investissements publics : 75 millions d’euros. Le premier coup de pioche doit être donné mi-2012 et les premières livraisons sont attendues pour 2015.

France-Soir, lundi 11 avril 2011

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