Une tour de bureaux de 180 mètres doit être construite dans le Parc des Expositions de la porte de Versailles (XVème arr.). Un projet qui fait polémique.

On pensait ce type de projet définitivement abandonné suite à l’échec urbanistique que constitue le quartier Montparnasse et sa fameuse tour, édifiée dans les années 70. Le conseil de Paris vient pourtant de voter un protocole d’accord avec Viparis, la filiale d’Unibail-Rodamco et de la Chambre de commerce de Paris, pour la construction d’une tour de bureaux de 180 mètres dans le XVème arrondissement. Surnommée « tour Triangle » ou encore « Toblerone » du fait de sa forme pyramidale, cet édifice doit être érigé dans le Parc des Expositions, géré par Unibail, dont un dixième du hall 1 sera détruit.

Pour Philippe Goujon, ce projet « permettra de relancer le Parc des Expositions qui est concurrencé par d’autres infrastructures similaires en Europe, de valoriser le quartier, de créer 5.000 emplois et de tisser un lien physique entre Paris et Issy-les-Moulineaux qui est déjà un quartier de tours ». Le maire (UMP) du XVème arrondissement émet toutefois quelques réserves. « J’ai opté pour un raisonnement pragmatique. Je savais que ce projet allait se faire, car Unibail et la ville en avaient décidé ainsi. J’ai donc demandé des contreparties ». Résultat de ces négociations : la voirie du quartier sera requalifiée, une crèche ouverte et un jardin de 8.000 m2 aménagé aux pieds du building.

Selon Yves Contassot, la tour Triangle est un « projet du passé », une « verrue dans le paysage urbain » de la capitale. « Ce bâtiment sera énergivore et le fait qu’il utilisera une bonne partie d’énergie renouvelable ne règlera pas le problème », martèle le conseiller (EELV) de Paris qui pointe également du doigt le chantier des Halles – lui aussi mené par la société Unibail – qui fait également polémique. « La mairie de Paris a fait un cadeau royal », estime Yves Contassot qui affirme qu’« Unibail décide et la ville applique »et qui semble bien décidé à s’opposer jusqu’au bout à ce « projet décadent ». Pour ce faire, il envisage d’entamer une action en justice. « Le bâtiment ne respectera pas la loi Grenelle. Nous allons donc contester le permis de construire devant les tribunaux dès qu’il sera délivré par la mairie ».

France-Soir, mercredi 6 avril 2011

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