Nantes célèbre ce week-end le tricentenaire de l’arrivée du premier spécimen de magnolia dans la ville. L’arbuste s’était ensuite exporté dans toute l’Europe.

Il y a 300 ans, en 1711, le Saint-Michel, navire appartenant à l’armateur René Darquistade, accostait à Paimbœuf, un avant-port de Nantes situé à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de la ville. Le commerce triangulaire, qui allait faire de ce port l’un des plus riches de France, était alors encore balbutiant, mais les liens avec les colonies antillaises et américaines déjà très importants. Dans les cales de ce navire en provenance de Louisiane, un spécimen de magnolia, une plante jusqu’alors inconnue en Europe et qui allait bientôt embaumer parcs et jardins du Vieux Continent.

Du 1er au 3 avril, Nantes (Loire-Atlantique) célèbrera le tricentenaire de cette arrivée et se transformera, l’espace d’un week-end, en capitale mondiale du magnolia. Le Jardin des Plantes accueillera l’essentiel de ces festivités exceptionnelles. Un grand marché réunira des pépiniéristes de la région, tandis que des ateliers horticoles permettront aux jardiniers amateurs de s’initier à la culture de cet arbuste ornemental aux fleurs particulièrement odorantes. L’artiste japonais Kinya Maruyama rendra hommage aux magnolias – en particulier sa principale variété asiatique, la magnolia étoilé – à travers quatre espaces spécialement aménagés pour l’occasion.

500 variétés de magnolias

Cet anniversaire sera également l’occasion de découvrir l’impressionnante collection du Parc floral de la Beaujoire qui rassemble pas moins de 500 variétés de magnolias, ce qui en fait la plus importante de France et l’une des plus grandes du monde. « Il est vrai qu’il y a plus de magnolias à Nantes que dans aucune autre ville, mais nous ne faisons pas non plus dans la monoculture », souligne Jacques Soignon, directeur des espaces verts nantais. « Il faut dire qu’il est arrivé en Europe par le port de Nantes et qu’il s’est parfaitement adapté au climat ».

Le magnolia doit son nom au père Charles Plumier (d’autres sources attribuent cette paternité au célèbre naturaliste suédois Carl von Linné) qui a ainsi souhaité rendre hommage au botaniste français Pierre Magnol. Robuste, peu sensible aux maladies, le magnolia se sent à l’aise en ville et a une longévité exceptionnelle. Le plus ancien spécimen du Jardin des Plantes – le magnolia d’Hectot – a d’ailleurs été planté en 1807.

 

France-Soir, mercredi 30 mars 2011

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