Une association bretonne souhaite inscrire le fest-noz au patrimoine culturel immatériel. Le dossier de candidature doit être remis aujourd’hui au ministère de la Culture.

Si le traditionnel bol breton est en péril (voir notre édition d’hier), un autre monument du folklore armoricain sera peut-être quant à lui bientôt protégé par l’Unesco. L’association Dastum (ce qui signifie « recueillir » en breton) doit en effet déposer aujourd’hui au ministère de la Culture les deux dossiers de candidatures du fest-noz et du « chant à écouter » à l’inscription au patrimoine culturel immatériel. Après les avoir examinés et, éventuellement, validés, le ministère les soumettra à l’Unesco pour classement qui ne devrait toutefois par intervenir avant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Proposé au titre des éléments représentatifs du patrimoine breton, le fest-noz (« fête de nuit » en breton) constitue une sorte de synthèse de différents courants culturels et artistiques de la région. Alliant chansons traditionnelles (dont les versions modernisées, de Try Yann à Nolween Leroy, connaissent un succès constant depuis une quarantaine d’années), instruments locaux (biniou ou bombarde) et danses folkloriques, il possède une véritable dimension sociale, conviviale et transgénérationnelle. Le chant à écouter (« gwerz » en breton, ce qui signifie littéralement complainte) est quant à lui proposé au titre des éléments à sauvegarder. Différent du chant à danser – largement répandu par la pratique du fest-noz – il est également bien moins connu. Son classement par l’Unesco pourrait lui donner une dimension internationale.

Cultures populaires

Si l’enjeu premier de ce classement est de mettre en valeur la diversité culturelle, il permettra ici de protéger un patrimoine toujours vivant, mais aujourd’hui de plus en plus menacé par l’uniformisation culturelle et le recul constant de la part des locuteurs bretons dans la population. L’objectif est aussi de « faire reconnaître les cultures populaires au même titre que les cultures savantes », souligne Charles Quimbert, directeur de l’association Dastum, qui a coordonné depuis 2008 le groupe de travail en charge de la préparation de ces deux dossiers. Créée en 1972, elle se consacre au patrimoine oral de Bretagne et dispose de quelque 70.000 enregistrements recueillis par ses collecteurs bénévoles.

 

France-Soir, mardi 29 mars 2011

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