L’Hôtel de ville de Paris accueille jusqu’au 28 mai une exposition retraçant les 72 jours de ce gouvernement insurrectionnel, de l’épisode des canons de Montmartre au massacre du Mur des Fédérés.

Il y a 140 ans, le 18 mars 1871, la troupe tentait de s’emparer des canons entreposés sur la butte Montmartre. La population parisienne, très agitée depuis l’humiliante défaite face à la Prusse et la formation du gouvernement provisoire présidé par Thiers, s’y oppose vigoureusement en arguant du fait qu’ils sont sa propriété car ils ont été payés par la souscription. Cet événement marque le point de départ de la Commune de Paris, considérée par Karl Marx comme la première insurrection prolétarienne autonome, et qui s’acheva dans un bain de sang le 28 mai avec l’exécution de 147 communards devant le mur des Fédérés, au cimetière du Père Lachaise. Entre ces deux dates, Paris a vécu durant 72 jours sous un gouvernement insurrectionnel inédit qui donnera son nom à un courant de pensée politique : le communisme.

C’est cet épisode finalement mal connu de l’histoire de France que retrace l’exposition La Commune – 1871, Paris capitale insurgée, à découvrir au salon d’accueil de l’Hôtel de ville de Paris (IVème arr.) jusqu’au 28 mai prochain. Rassemblant plus de 200 gravures, photographies, manuscrits et affiches d’époque, dont beaucoup d’inédits, elle retrace de manière concise et pédagogique la chronologie des événements qui ont secoué la capitale au printemps 1871, des premiers combats à la « Semaine sanglante », en passant par l’édification des barricades ou les bombardements opérés par les Versaillais (troupes fidèles à Thiers). L’exposition présente également les principaux partisans de la Commune, tel Jules Vallès – fondateur de l’éphémère quotidien révolutionnaire Le Cri du peuple – Gustave Courbet, condamné à payer la reconstruction de la colonne Vendôme après en avoir prôné la destruction, ou encore Louise Michel, déportée, comme beaucoup de communards, en Nouvelle-Calédonie. En fin de parcours, le visiteurs découvre une capitale méconnaissable et défigurée par les incendies qui ont notamment ravagé l’Hôtel de ville ou le Palais des Tuileries. Elle mettra une dizaine d’années à panser ses plaies.

La Commune – 1871, Paris capitale insurgée, Hôtel de ville de Paris (IVème arr.), tous les jours sauf dimanche et jours fériés de 10 heures à 19 heures. Entrée libre.

 

France-Soir, vendredi 25 mars 2011

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