Les employés du musée du Petit Palais sont appelés à la grève aujourd’hui. Ils réclament une prime de 100 euros par dimanche travaillé.

 

DR

« Après la révolution de Jasmin, la révolution des Œillets, voici celle de la Carotte ! ». La phrase, extraite d’un communiqué du syndicat Supap-FSU (majoritaire dans les musées de la Ville de Paris), a de quoi surprendre. « C’est un petit jeu de mots », s’amuse Bertrand Pieri, délégué syndical. « La carotte, c’est à la fois la prime » que nous réclamons et « une manière de dire que nous en avons assez de nous faire carotter ». Depuis plusieurs mois, un bras de fer oppose en effet les agents des musées de la Ville de Paris à la municipalité socialiste. Arguant du fait qu’ils ne jouissent d’aucun week-end dans l’année (hormis durant leurs congés), ils réclament « une prime de 100 euros nets par dimanche travaillé », contre 91 euros brut à l’heure actuelle. « Nous travaillons le samedi et un dimanche sur deux pour 1.300 euros nets par mois en moyenne », explique Bertrand Pieri. « Une prime de 100 euros, ce n’est pas du luxe ! ».

A l’appel de l’intersyndicale, le personnel du musée du Petit Palais (8ème arr.) doit se rassembler devant l’édifice ce matin, dès 10 heures. Des collègues d’autres musées devraient les rejoindre. Les grévistes auront tous une carotte à la main, symbole insolite et facétieux de leur mouvement. « Ce n’est pas facile de mobiliser tout le monde car la pression financière est forte. Nous essayons d’étaler la contestation dans le temps en nous concentrant sur un point ». Si la municipalité semble pour le moment rester sourde aux revendications des grévistes, le succès de la mobilisation dans les bibliothèques à l’automne dernier permet de garder l’espoir.

 

France-Soir, jeudi 10 mars 2011

Publicités