Le premier établissement de soins français à recourir à des équipements en cuivre pour lutter contre les maladies nosocomiales a été récemment inauguré à Laval.

« Le cuivre coûte évidemment plus cher, mais ce n’est rien en comparaison des avantages qu’il offre pour la santé des patients », assure Michel Porhel, initiateur et gestionnaire du Centre inter générationnel multi accueil (CIGMA) de Laval (Mayenne), un bâtiment de 6.000 m2 implanté au cœur d’un éco-quartier et qui a ouvert ses portes il y a un peu plus d’un mois. A la fois établissement d’hébergement pour personnes âgées et crèche, il a la particularité d’être le premier centre de soins français à se doter d’équipements en cuivre afin de lutter plus efficacement contre la prolifération des bactéries.

Près de 260 mètres linéaires de mains-courantes, de même que 205 paires de poignées de portes et 180 serrures ont ainsi été fabriquées dans ce métal, préféré pour l’occasion au traditionnel PVC. Ces surfaces, constamment touchées par le personnel médical, les patients et les visiteurs, sont en effet propices au développement de germes potentiellement dangereux pour la santé. Autant de risques d’infection pour une population fragile et particulièrement sensible à la grippe ou à la gastro-entérite.

Propriétés antibactériennes

« Nous savons que 90% des maladies nosocomiales sont transmises par les mains des soignants », explique Michel Porhel. « Un gros travail de prévention est effectué, notamment concernant le lavage des mains, mais il est impossible d’éradiquer tous les germes ». D’où l’intérêt du cuivre et de ses propriétés antibactériennes sur lequel des bactéries telles que la salmonelle, l’escherichia coli ou encore staphylocoque doré n’ont qu’une durée de vie de 90 minutes. « Lorsque j’ai découvert ces caractéristiques il y a trois ans par le biais d’une étude menée par des chercheurs anglais, j’ai immédiatement pensé à les appliquer en France ». La société Cuivrinox, installée en Ille-et-Vilaine, a été chargée de la réalisation de ces aménagements d’un type nouveau dont le coût est estimé aux alentours de 35.000 euros, pour un budget total de 12 millions d’euros.

« Il n’y a pas de solution miracle et ce n’est pas l’utilisation du cuivre qui va permettre d’éradiquer les bactéries à 100%, mais c’est toujours un progrès », un rempart supplémentaire, conclu le gestionnaire du CIGMA. « Et tant mieux si cet investissement permet à l’Assurance maladie de faire des économies ».

 

France-Soir, jeudi 3 mars 2011

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