Afin d’assurer sa pérennité, la cité portuaire a proposé le classement de la boule nantaise à l’inventaire du patrimoine immatériel du ministère de la Culture.

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« La boule nantaise fait partie intégrante du patrimoine de la ville »,assure Philippe Gicquel, président de la fédération des amicales de la boule nantaise. « Il faut absolument la protéger » et plus particulièrement les terrains, lisses et incurvés – telle une cale de bateau – sur lesquels se pratique ce sport typique. Un appel à l’aide entendu par la ville de Nantes (Loire-Atlantique) qui a proposé le classement du jeu à l’inventaire du patrimoine immatériel du ministère de la Culture. « Une délégation doit faire le déplacement dans les prochains mois », indique Stéphane Junique, adjoint au maire (PS) de Nantes en charge du patrimoine et de l’archéologie.

Apparue à la fin du XXe siècle, la boule nantaise se joue alors sur des pistes en sable. Elle se structure rapidement avec la création de la première amicale en 1912 et l’aménagement des premiers terrains bitumés, qui se trouvent en général dans les arrière-salles des cafés. La boule nantaise atteint son apogée aux milieu des années 20. La région compte alors une cinquantaine de clubs. Concurrencée par d’autres loisirs et souffrant d’un vieillissement de ses adeptes, elle décline lentement dès les années 70. On ne compte plus aujourd’hui que onze amicales pour un total d’un petit millier de joueurs, dont 700 licenciés.

Pression immobilière

Outre ces problèmes intrinsèques, la boule nantaise est aujourd’hui plus que jamais victime de la spéculation immobilière. « Lorsque les cafés ferment, les pistes disparaissent », déplore Philippe Gicquel. Pis, de plus en plus de bars cherchent à se séparer de ces terrains qui peuvent mesurer jusqu’à 15 mètres de long et 5 de large. « Deux jeux de boules ont encore fermé en juillet et octobre 2010 ».

Alerté de cette situation préoccupante, la municipalité nantaise avait décidé dans un premier temps de classer les terrains au Plan local d’urbanisme. Une démarche qui lui permet d’être informée de toute éventuelle fermeture. « Il n’est pas question pour l’instant de racheter les terrains, mais nous incitons les propriétaires à faire la distinction entre les locaux commerciaux et les jeux de boules », explique Stéphane Junique. Un travail d’accompagnement qu’un engagement du ministère de la Culture ne pourrait que renforcer et qui doit permettre la sauvegarde des pistes en échange d’un loyer payé par les amicales de boulistes.

 

France-Soir, mercredi 23 février 2011

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