Alors que les abeilles souffrent des ravages causés par les insecticides, un nouveau prédateur se fait de plus en plus envahissant.

« Le frelon asiatique est un exterminateur d’abeilles », lance sans hésitation Jean-Paul Cros, de l’Association Action Anti-frelon asiatique Gironde (AAAFA33) qui a renouvelé pour cette année sa « déclaration de guerre » au dangereux prédateur. Ses membres doivent se retrouver demain, devant la préfecture de la Gironde, à Bordeaux, afin de remettre au représentant de l’État une pétition forte de 5.000 signatures. « En 2007, le préfet a décidé que les pompiers ne s’occuperaient plus de détruire les nids de frelons, sauf en cas d’urgence », explique Jean-Paul Cros. « Les consignes étaient de se tourner vers des désinsectiseurs privés, mais c’est tellement cher que les particuliers ont préféré laisser les nids » qui se sont dès lors multipliés très rapidement. L’association demande donc au préfet de « tirer les conséquences de ses erreurs » et de « reprendre la main dans la lutte contre ce fléau ».

Car si le frelon asiatique est relativement dangereux pour l’Homme, il fait surtout des ravages au sein des ruches. « Il faut environ dix thorax d’abeilles pour nourrir une larve de frelon », précise Jean-Paul Cros. Et quand on sait que la descendance d’une femelle compte au moins 5.000 insectes, l’ampleur du massacre devient vite alarmante. En 2010, les 3.000 nids recensés dans l’agglomération bordelaise avaient ainsi engloutis au minimum 150 millions d’insectes, dont 80% d’abeilles.

Contrairement au frelon endémique, son cousin asiatique, apparue en France en 2004, se reproduit extrêmement vite et à plus grande échelle. Seule solution pour enrayer efficacement cette expansion, la mise en place rapide de pièges à femelles qui permettent de les capturer au moment de leur sortie d’hibernation. « C’est la seule solution pour défendre la biodiversité ».

 

France-Soir, mardi 22 février 2011

Publicités