Un nouveau lieu d’hébergement sera inauguré aujourd’hui à Lyon. Il a la particularité de pouvoir accueillir des personnes sans-abri accompagnées de leurs chiens.

Avec leur structure métallique et leurs murs en bois, les deux bâtiments de La Maison de Rodolphe dénotent dans le quartier. Ce nouveau lieu d’hébergement, qui accueille ses premiers résidents depuis la fin du mois de novembre dernier, doit être inauguré ce matin par Michel Mercier, Garde des Sceaux, Benoist Apparu, secrétaire d’État chargé du Logement, et Gérard Collomb, sénateur-maire (PS) de Lyon (Rhône). D’une capacité d’accueil de 40 personnes – dont 30 places réservées à des familles de 3 à 5 membres – il a surtout la particularité d’avoir été pensé, conçu et construit pour loger 10 personnes sans-abri accompagnées de leur animal de compagnie (jusqu’à deux par personne).

« Ce projet est né de la volonté d’Alain Mérieux, notre mécène, d’aider les jeunes sans-abri et leurs chiens qu’il croisait chaque soir en sortant de son bureau », explique Alexandre Frédéricq, directeur général du Foyer Notre-Dame des sans-abri, structure associative qui rassemble 36 établissements et qui a hébergé près de 5.000 personnes l’année dernière. « Il s’est alors rendu compte qu’il n’existait pas de structure ayant cette capacité d’accueil ». Les bases de La Maison de Rodolphe (en hommage au fils du donateur, décédé dans un accident d’avion) étaient lancées. Moins de deux ans plus tard, les premiers locataires s’installaient déjà dans les nouveaux locaux construits dans le 8ème arrondissement de la capitale des Gaules, sur un terrain cédé par le Grand Lyon. « Les travaux ont avancé très rapidement puisque l’ensemble était préfabriqué et qu’il n’y avait pas besoin de creuser de fondations. C’est un bâtiment innovant et expérimental dont la construction n’a pris que six mois ».

Un chenil et un dispensaire vétérinaire ont été aménagés afin d’accueillir les chiens des sans-abri. « Les animaux sont un des facteurs de désocialisation de ces personnes car elles ne peuvent pas les emmener avec elles dans les foyers », explique Alexandre Frédéricq. « Mais ils ne veulent pas non plus s’en séparer car ils sont des compagnons et un rempart » contre l’agressivité du monde extérieur. Les accueillir dans ce havre de paix est donc un premier pas vers l’insertion.

 

France-Soir, vendredi 11 février 2011

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