Les trois leaders français du BTP se disputent le contrat de construction du futur ministère de la Défense dans le sud de Paris.

Le chantier, pharaonique, devrait radicalement transformer le quartier résidentiel de Balard, dans le XVème arrondissement, à Paris. Et pour cause. D’ici l’été 2014, un ensemble de 300.000 m2 de bureaux et d’équipements divers capable d’accueillir 10.000 personnes devrait sortir de terre dans cette zone de 16,5 hectares située à côté du périphérique sud, en lisière de la commune d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Une manœuvre destinée à rassembler en un seul et même lieu l’ensemble des services du ministère de la Défense, pour le moment répartis sur douze sites dans Paris. Le vieux rêve d’un « Pentagone à la française » semble donc finalement prendre forme, plus de trois ans après l’officialisation du projet par Hervé Morin, à l’époque ministre de la Défense.

Chantier à plus de deux milliards d’euros

Les trois principaux groupes français de BTP – Bouygues, Eiffage et Vinci – se sont, sans surprise, portés candidats au contrat de partenariat public-privé portant sur la conception, la construction, la maintenance des futurs bâtiments et les différentes prestations de services, pour une durée de trente ans, l’État devenant propriétaire du site après avoir payé un loyer annuel – qui devrait être supérieur à 100 millions d’euros par an – pendant vingt-sept années et demie. Le projet prévoit également la rénovation de la Cité de l’Air.

Difficile pour l’instant de se faire une idée précise du coût de ce projet. Un rapport du Sénat datant du 26 mai 2010 l’estime à « 2,7 milliards d’euros en valeur » – dont 600 millions pour la seule construction – soit un peu plus de deux milliards en euros constants (hors inflation). Des chiffres qui donnent une idée de l’ampleur du projet.

Les trois entreprises ont officiellement remis leur dossier au ministère de la Défense le 11 janvier dernier. Le choix du candidat doit avoir lieu d’ici le 28 février, pour une signature du contrat prévue au plus tard le 30 avril prochain. Si l’ancien bassin d’essais et les ateliers ont d’ores et déjà été démolis, laissant place à un vaste terrain vague, le chantier de construction doit quant à lui débuter début 2012.

 

France-Soir, jeudi 10 février 2011

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