La 8ème édition de L’Aiguille en fête, salon international des arts du fil, bat son plein tandis que le secteur connait un net regain.

Passe-temps démodés pour certains, véritables passions pour d’autres. A en croire les 30.000 visiteurs qui devraient encore arpenter cette année les allées de L’Aiguille en fête, salon international des arts du fil qui se tient jusqu’à dimanche dans la Grande Halle de la Villette à Paris, le tricot, la broderie, la couture ou encore la dentelle sont en tout cas loin d’avoir dit leur dernier mot. « Le secteur connaît plus qu’un regain, il est devenu tendance », explique Jean-Charles Durand, commissaire de l’exposition La Folie dentelle qui constitue l’un des événements de cette huitième édition. Il en veut pour preuve les centaines de blogs qui ont fleuri en quelques années sur la toile. « Bien sûr, il reste les a priori, l’image d’Épinal, mais elle a vécu. Aujourd’hui, le côté authentique du produit, la recherche d’originalité séduisent celles et ceux qui se mettent au tricot ou à la couture ».

Image modernisée

Avant ces années de renouveau, la grande famille des arts du fil a pourtant connu une longue traversée du désert. « Les événements de mai 1968 et leurs conséquences sur la société ont rendu le tricot et la couture ringards. Les parents n’ont plus transmis leurs savoir-faire à leurs enfants comme autrefois et ils se sont progressivement perdus ». Mais le mouvement de retour au terroir – illustré par l’essor du bio ou du tourisme vert – qui a marqué les années 2000 a été profitable à ce secteur qui a, par ailleurs, su moderniser son image. Le salon est ainsi passé de 10.000 à 30.000 visiteurs en huit ans et espère bien encore se développer. Si le public est composé à 95 % de femmes âgées de 35 à 65 ans, il a tendance à se masculiniser et à rajeunir, notamment grâce au développement des écoles du fil dont 1.500 élèves sont présents sur le salon. L’Aiguille en fête attire également les créateurs de mode comme Olivier Pétigny ou encore Olivier Noyon. Car « aujourd’hui, pas un seul défilé de haute couture ne se fait sans broderie ou dentelle », assure Jean-Charles Durand.

Entrée : 12 euros ; renseignements : www.aiguille-en-fete.com

 

France-Soir, samedi 12 février 2011

 

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