Suite aux réclamations d’un député alsacien, la région Lorraine a proposé que son homologue alsacienne soit co-titulaire de la marque déposée « Saint-Nicolas ».

Si leurs noms sont régulièrement associés, l’Alsace et la Lorraine sont deux régions qui cultivent chacune leurs spécificités. Fières de leur culture et de leur histoire, elles ont d’ailleurs souvent été opposées par le passé. De ces guerres et querelles ancestrales demeurent de vieilles bisbilles, aujourd’hui sujets de blagues et de taquineries. Un peu comme entre Français et Belges.

Mais quand il s’agit de la Saint Nicolas, pas question de prendre les choses à la légère. Alors quand les Alsaciens ont appris que leurs voisins avaient déposé le nom « Saint-Nicolas », ils n’ont pas hésité à monter au créneau. Le député (UMP) du Haut-Rhin, Éric Straumann, avait ainsi organisé en décembre dernier un happening sur les Champs-Élysées, à Paris, afin de protester contre cette soudaine mainmise lorraine sur le patron des écoliers.

Accord à l’amiable

Une démarche qui a visiblement porté ses fruits puisque l’élu vient d’annoncer que la Lorraine avait proposé que l’Alsace soit co-titulaire de la marque déposée « Saint-Nicolas ». « J’ai reçu un courrier de l’adjoint au maire de Nancy », Laurent Hénart, raconte Éric Straumann joint par téléphone. « Il propose de partager les droits sur la marque. Nous devrions donc trouver un accord à l’amiable, d’ici une semaine ou deux, même si je tiens à préciser que notre réclamation n’avait pas de dimension financière ». Reste que « la Saint-Nicolas n’est pas une fête exclusivement lorraine. Elle concerne tout l’est de la France » et fait partie intégrante du patrimoine alsacien.

Les villes de Nancy (Meurthe-et-Moselle) et de Saint-Nicolas-de-Port – dont la basilique abrite une relique de l’ancien évêque de Myre, en Turquie – avaient déposé la marque en 2009. « La lettre explique qu’il y avait eu deux précédents et que les élus ne voulaient pas se retrouver dans la même situation », précise Éric Strautmann. En effet, en 1999, un commerçant avait vendu des bijoux estampillés « Art nouveau ». Six ans plus tard, un particulier avait indiqué avoir déposé le nom « Pavé de la place Stanislas », sans que la mairie nancéenne ne puisse s’y opposer.

 

France-Soir, vendredi 4 février 2011

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