Noël Mamère, député-maire (Europe Écologie – Les Verts) de Bègles (Gironde), a pris fait et cause pour Karim, un Marocain de 25 ans sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière. Il a annoncé ce week-end avoir écrit au préfet de Gironde pour demander la régularisation du jeune homme. S’il est renvoyé au Maroc, Karim, qui affirme être fils d’imam, risque en effet « trois ans d’emprisonnement et une très forte amende ». Ce qui lui est reproché ? Son exil et, surtout, une orientation sexuelle jugée déviante. « L’homosexualité est criminalisée dans ce pays », a expliqué l’élu béglais. Pas question donc de laisser expulser Karim dans la mesure où sa sécurité n’est pas garantie.

Rejeté partout

Le jeune Marocain a quitté son pays natale en 2003, fuyant les persécutions dont il assure avoir été victime. En France, il rejoint une de ses sœurs, installée en région parisienne. Apprenant son homosexualité, celle-ci le met à la porte. Sans ménagement. « Il ère depuis de nombreuses années tout en voulant s’intégrer à la société française », a précisé Naïma Charaï, conseillère régionale (PS) d’Aquitaine, qui a annoncé qu’elle deviendra la marraine républicaine de Karim vendredi, à la mairie de Bègles.

Un geste symbolique qui ne fournira cependant à lui seul aucun papier au jeune homme qui s’est vu signifier un arrêté de reconduite à la frontière le 22 décembre dernier. Ironie du sort, il était venu la veille déposer plainte au commissariat contre ses anciens employeurs qui auraient profité de sa situation de sans-papiers. Le tribunal administratif de Bordeaux ayant rejeté son recours le 28 décembre, il ne reste plus à Karim qu’à faire appel avant fin janvier (le délais d’appel étant d’un mois à compter de la notification du jugement). Ou à espérer un geste du préfet. « Maintenant, c’est une course de vitesse pour convaincre le préfet(…) que Karim ne doit pas revenir au Maroc, mais qu’il doit rester en France pour être protégé », a conclu Noël Mamère. « C’est une situation humanitaire, une situation de double-peine ».

Philippe Peter

France-Soir, mardi 18 janvier 2011

Publicités