En octobre dernier, la région Rhône-Alpes a approuvé le versement d’une subvention destinée au financement de la restauration de la basilique Saint-Augustin, à Annaba (Algérie). D’un montant de 450.000 euros, elle doit servir à sauvegarder un « joyau architectural » qui, selon Farida Boudaoud, vice-présidente (PS) du conseil régional déléguée à la culture et à la lutte contre les discriminations, « souffre des outrages du temps et d’un manque d’entretien ». Jumelée à l’ancienne Bône française, la ville de Saint-Étienne (Loire) participera également à ce projet à hauteur de 45.000 euros. C’est donc au total 495.000 euros qui seront versés en trois ans pour la sauvegarde de cet édifice construit en style arabo-byzantin à la fin du XIXe siècle. Précisions que le coût global du chantier lancé par l’Association diocésaine algérienne, propriétaire du site, est estimé à 4,2 millions d’euros.

Laïcité bafouée

Ces subventions, qui s’inscrivent respectivement dans le cadre d’une politique en faveur du patrimoine et d’un jumelage, ne font néanmoins pas l’unanimité. Le conseiller régional (UMP) Jean-Pierre Taîte a estimé qui si le conseil régional était capable de verser des fonds pour la restauration d’un édifice religieux situé à l’étranger, il « devrait aussi financer les travaux des églises de Rhône-Alpes ». La loge maçonnique lyonnaise Eugène-Varlin y voit quant à elle une atteinte au principe de laïcité. « Une nouvelle fois, des élus de la République ont manqué à leur devoir en décidant de financer la restauration d’un lieu de culte en violation de la loi du 9 décembre 1905 », ont expliqué ses membres dans un communiqué. Ces subventions bafouent « la laïcité de nos institutions et de notre société ». Pour Jean-Jack Queyranne, président (PS) de la région Rhône-Alpes, le versement de ces subventions ne repose pourtant sur aucune motivation religieuse. « Il est important, dans nos sociétés tourmentées, de faire un geste de paix et d’apaisement. Il faut construire avec l’Algérie des relations respectueuses ».

Cette intervention financière n’est pas le première du genre. La ville de Marseille (Bouche-du-Rhône) avait ainsi versé 15.000 euros pour la restauration de la basilique Notre-Dame d’Afrique, à Alger, qui vient de s’achever après trois ans de travaux.

 

Philippe Peter

 

France-Soir, lundi 17 janvier 2011

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