La situation est toujours très tendue à Sète où les chalutiers s’inquiètent de la hausse du prix du gazole qui grève lourdement leur budget.

Hausse du prix du gazole, remboursement des aides de l’État, diminution de la ressource. L’année commence mal pour les pêcheurs de Sète (Hérault) qui expriment depuis plusieurs jours leur inquiétude face à des difficultés qui s’accumulent et qui grèvent considérablement leur budget déjà fragile. « La hausse du prix du gazole nous pénalise lourdement, d’autant plus que nos bateaux consomment beaucoup de carburant », explique Raphaël Scannapieco, prud’homme majeur du port de Sète. Le prix au litre se situe actuellement à 57 centimes, alors même que l’exploitation des chalutiers du port n’est pas viable au-delà de 40 centimes le litre, selon Bernard Wendling, directeur général de la Sathoan, organisation qui regroupe une cinquantaine de ces navires ainsi que des thoniers.

Aides d’État

Par ailleurs, le gouvernement français demande aujourd’hui aux pêcheurs de rembourser les aides perçues entre 2004 et 2006 et qui leurs permettaient de payer leur gazole moins cher que le prix du marché. Motif : ces subventions cachées n’étaient pas compatibles avec le droit communautaire puisqu’elles instituaient de fait une inégalité entre les pêcheurs français et ceux originaires des autres pays de l’Union européenne qui ne bénéficiaient pas d’une aide similaire.

Pour couronner le tout, les pêcheurs sont désormais pleinement conscients de la diminution des ressources de pêche et réclament notamment un moratoire d’un mois par an pour garantir la reproduction des espèces. Selon Raphaël Scannapieco, « il faut mettre en place un arrêt biologique » pour certaines espèces, comme les poissons bleus (sardine, anchois, maquereau) dont le nombre diminue du fait de la prolifération des thons. « Il faut aussi envisager un plan de sortie de flotte pour les armements les plus endettés ».

Ces solutions ont été évoquées mardi lors d’une rencontre entre les chalutiers et le directeur des pêches, Philippe Mauguin, pour remédier à cette situation qui gangrène le premier port de pêche français en Méditerranée depuis plusieurs années.

 

Philippe Peter

 

France-Soir, vendredi 14 janvier 2011

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