Le maire de Condom a eu la surprise d’apprendre qu’une entreprise fondée par un descendant de Louis XIV vendait un préservatif de luxe originaire de sa commune.

Ce n’est pas la première fois que sa dénomination joue un tour à la petite ville de Condom (Gers). Plaisanteries, canulars : cette paisible commune de 7.200 habitants est habituée aux blagues potaches. Mais plutôt que de jouer les rabat-joies, elle a choisi d’utiliser son nom – qui signifie préservatif en anglais – pour se faire un peu de publicité, au point de créer un musée sur l’histoire de cet accessoire.

S’il ne s’offusque donc pas au moindre rapprochement entre sa ville et le préservatif, Bernard Gallardo, maire de Condom, a néanmoins été surpris d’apprendre qu’une entreprise en vendait une version de luxe siglée « from Condom ». Plus étonnant encore, les créateurs de ce préservatif « chic et élégant, avec cette fameuse french touch » ne sont autres que le prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme, descendant du Roi Soleil, et le comte Gil de Bizemont. Ce n’est certes pas vraiment le secteur où l’on s’attend à voir investir deux aristocrates, mais les hommes d’affaires voulaient « changer l’image des préservatifs, en apportant de l’élégance, de l’humour (…) à un produit très conventionnel ». Leur création, vendue deux euros pièce, est pour l’instant uniquement disponible aux États-Unis.

Problème d’authenticité

Un détail dérange néanmoins. La société, baptisée The Original Condom Company, dispose effectivement d’un bureau dans la commune gersoise, mais « dans lequel il n’y a personne », explique l’édile. « Le produit ne transite absolument pas par Condom à ce jour ». Le site internet de l’entreprise indique pourtant sans ambages que ledit petit bout de latex « vient de la ville de Condom, dans le sud de la France ». Pas d’erreur, il s’agit bien de la même commune, ce qui pose le problème de l’authenticité de ce produit « de tradition française », celui-ci étant en réalité fabriqué en Malaisie.

Du coup, Bernard Gallardo a informé l’avocat de la ville de Condom de cette situation insolite afin de régler le conflit à l’amiable. « Ce qui me désole, c’est qu’un tel projet n’ait pas fait l’objet préalablement d’une rencontre entre les concepteurs et le maire de la commune », explique l’élu qui prend malgré tout la chose avec humour.


Philippe Peter

 

France-Soir, jeudi 13 janvier 2011

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