La Chambre régionale des comptes du Limousin a pointé du doigt le surendettement de la Corrèze, ainsi que le coup élevé du musée du président Chirac.

Petit département rural du centre de la France, la Corrèze et ses 250.000 habitants se seraient bien passés de ce coup de projecteur bien embarrassant. Dans un rapport daté du 5 octobre, la Chambre régionale des comptes du Limousin a en effet épinglé la gestion et l’état des finances de la Corrèze qui est actuellement le département le plus endetté de France avec 1.164 euros par habitant, soit trois fois plus que la moyenne nationale. « Seuls cinq départements avec la Corrèze ont un ratio d’endettement par habitant supérieur à 900 euros », indique le document, qui précise que « le deuxième sur la liste se situe à 993 euros ».

L’endettement de la Corrèze, présidée depuis 2008 par le socialiste François Hollande, était « déjà très élevé en 2008 » et « s’est encore fortement accru en 2009 » en grande partie du fait de la crise économique. Pour le conseil général, la nouvelle majorité n’est donc pas directement responsable de cette situation financière calamiteuse. « Nous avons hérité de cette dette que nous avons cherché à freiner », a expliqué Dominique Ceaux, directeur général des services départementaux. Selon lui, la dette de la collectivité, gérée par la droite jusqu’à 2008, est passé de 35 à 300 millions d’euros entre 2003 et 2008. Elle s’élève aujourd’hui à 345 millions d’euros. « Pour la baisser, il ne faudrait pas investir plus de 35 millions d’euros par an ». Une solution au rabais inenvisageable pour Dominique Ceaux qui a par ailleurs précisé que le département investissait désormais « environ 60 millions » d’euros chaque année.

Musée en déficit

Le musée du président Jacques Chirac, qui présente les cadeaux officiels reçus par l’ancien dirigeant durant ses deux mandats, est également pointé du doigt par la Chambre régionale des comptes. Créé en 2000 à Saran, il n’a fait que 200.000 euros de recettes en 2008 pour un coup d’exploitation d’1,7 millions d’euros. Un déficit effrayant qui s’explique par la croissance des frais de personnel, des travaux d’agrandissement et une fréquentation encore trop faible.

A noter qu’une étude réalisée récemment par le Journal du Net se basant sur des données de l’INSEE et les budgets primitifs des départements français pour l’année 2010 arrivait aux mêmes conclusions, avec toutefois des chiffres encore plus élevés. La dette par habitant de la Corrèze y plafonne à 1.329 euros, talonnée par celle des Hautes-Alpes (1.058 euros) et celle de la Meuse (1.024 euros).

 

Philippe Peter

 

France-Soir, samedi 1er janvier 2010

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