Le groupe Bolloré a été désigné hier pour réaliser et gérer le futur réseau de voiture électriques en libre-service de la ville de Paris.

Le projet Autolib’ a fait hier un grand pas en avant. Après plusieurs mois de tractations, c’est finalement le groupe Bolloré qui a remporté le contrat pour l’aménagement et la mise en œuvre du réseau de voitures électriques en libre-service qui doit être lancé à Paris d’ici fin 2011. En juillet dernier, trois candidatures avaient été retenues, à savoir Bolloré, le consortium Avis-RATP développement-SNCF-Vinci Park et le groupement VTLIB’. La première avait rapidement fait office de favorite du fait d’une « offre de service dans sa globalité plus intéressante », a indiqué hier Annick Lepetit, adjointe (PS) chargée des transports et présidente du syndicat mixte Autolib’.

Usage ponctuel

Une quarantaine de communes franciliennes de même que le conseil régional prennent part à ce vaste projet qui vise à réduire le nombre de voitures privées circulant dans l’agglomération parisienne en offrant l’usage ponctuel de véhicules écologiques, immédiatement disponibles et peu coûteux. « Il y a déjà eu quelques expériences à petite échelle. Mais le fait qu’une métropole se lance à ce niveau est une première mondiale », a expliqué hier Bertrand Delanoë, maire (PS) de Paris.

D’ici un an, 3.000 voitures électriques doivent être misent en circulation. Comprenant quatre places, elles seront fabriquées à Turin (Italie), à l’exception de leurs batteries au lithium produites en Bretagne. Comme pour le Vélib’, des stations – 1.000 au total dont 700 dans la capitale – seront aménagées dans chaque commune. Les utilisateurs pourront ainsi prendre une voiture dans une station et la déposer dans une autre. Le coût d’utilisation de l’Autolib’ devrait quant à lui être assez raisonnable. Le prix des abonnements a été fixé à 12 euros par mois – soit trois euros de moins que ce qui était initialement prévu par le cahier des charges – plus cinq euros pour la première demi-heure de location.

Paradoxalement, les Verts ne soutiennent pas ce projet pourtant qualifié d’écolo, lui préférant le concept d’autopartage. Comme pour le Vélib’, « si l’usager ne ramène pas la voiture on va devoir envoyer des gens pour réguler ces déplacements automobiles, ce qui n’est pas très écolo », invoque Denis Baupin, adjoint (EELV) chargé de l’environnement.

 

Philippe Peter

 

France-Soir, vendredi 17 décembre 2010

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