Le budget 2011 de la région Ile-de-France a été chahuté hier par l’opposition au moment même où l’élection de son président Jean-Paul Huchon est l’objet d’un recours devant le Conseil d’État.

 

La guerre continue au conseil régional d’Ile-de-France. Après le Grand Paris et Arc Express, c’est au tour du budget 2011 de polariser les désaccords. Valérie Pécresse, chef de file de l’opposition au président (PS) Jean-Paul Huchon, a ainsi qualifié hier de « véritable contresens économique » le projet présenté mercredi par la majorité socialiste. Elle conteste la baisse des dépenses d’investissement (en diminution de 110 millions d’euros à 1,63 milliards) et, au contraire, la hausse des dépenses de fonctionnement (en augmentation de 50 millions d’euros à 2,45 milliards). Le niveau de la dette devrait quant à lui dépasser les cinq milliards d’euros d’ici 2013, soit l’équivalent de « la totalité du budget ».

Pour la ministre de l’enseignement supérieur, il faudrait plutôt « être économe sur le fonctionnement et investir pour l’avenir tout en maîtrisant la dette ». Elle a d’ailleurs proposé un budget aux proportions quasiment inverses, avec un investissement en hausse de 110 millions d’euros et un fonctionnement en baisse de 51 millions. Pour arriver à ces chiffres, Valérie Pécresse propose notamment le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite ou encore la rationalisation des frais administratifs.

Comptes approuvés

Ce nouvel épisode de l’opposition Pécresse-Huchon qui agite la vie politique francilienne depuis plusieurs mois s’inscrit cette fois dans un contexte un peu particulier. Le Conseil d’État examinera en effet aujourd’hui un recours contre les élections régionales en Ile-de-France qui avaient, en mars dernier, largement conforté Jean-Paul Huchon dans son fauteuil de président. Selon un responsable UMP, Paul Midy, celui-ci aurait bénéficié d’avantages en nature de la part du Syndicat des transports d’Ile-de-France (dont il est également le président) sous la forme d’une campagne d’information menée dans la cadre de la semaine de la mobilité. Pour Julien Dray, député (PS) de l’Essonne, ce recours serait motivé par des raisons « politiques ». Rappelons que la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a approuvé, en juillet dernier, le compte de campagne du candidat socialiste.


Philippe Peter

 

France-Soir, vendredi 3 décembre 2010

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