Deux chiens ont attaqué et tué 21 daims dans le parc animalier de Thoiry. Ému par ce drame, son propriétaire ne souhaite pourtant qu’une chose : reconstituer son troupeau.

« Nous vous précisons que les chiens ne sont pas admis ». Cette indication, donnée par le répondeur automatique du parc animalier de Thoiry (Yvelines), peut prêter à sourire. Samedi matin, une équipe du zoo a en effet fait une terrible découverte. Deux chiens trônaient fièrement au milieu des carcasses ensanglantées de 21 daims. Les assassins – des croisés bergers allemands – avaient réussi à s’introduire dans le zoo en creusant un tunnel sous la clôture. Ils avaient ensuite attaqué et égorgé les petits cervidés. « Ces deux chiens avaient déjà tué deux daims il y a quinze jours, puis quatre autres il y a une semaine », précise Paul de la Panouse, propriétaire des lieux. « Ils avaient également massacré un autre chien et attaqué des moutons ».

Le goût du sang

Poursuivie par des responsables du zoo, l’un des auteurs du massacre s’est malheureusement égaré sur le territoire des bisons d’Europe qui l’ont piétiné. « Il n’a même pas tenu vingt secondes. Nous avons malheureusement dû l’achever pour abréger ses souffrances ». Le second a été rattrapé un peu plus tard et remis à ses propriétaires qui l’ont fait euthanasier. « Je n’en veux pas à ces deux animaux qui sont morts dans des circonstances dramatiques. Ils avaient goûté au sang, ils sont devenus comme fous », explique Paul de la Panouse. « Ils n’avaient pas les limites d’un animal sauvage qui tue pour se nourrir ou pour se défendre ».

Pour la parc animalier de Thoiry, qui a porté plainte, l’essentiel est désormais d’aller de l’avant. « Les propriétaires se sont engagés à nous dédommager, mais le plus important est de reconstituer le troupeau de daims ». Si les sept cervidés survivants sont aujourd’hui traumatisés, une vingtaine de nouvelles têtes devraient faire leur apparition dans le zoo d’ici le printemps. Pas question par contre de renforcer les clôtures de ce parc de 150 hectares qui attire chaque année plus de 450.000 visiteurs. « Ce serait inutile et impossible », conclut Paul de la Panouse.

 

Philippe Peter

 

France-Soir, mardi 23 novembre 2010

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