Des milliers de Montpelliérains se sont rassemblés hier à la cathédrale Saint-Pierre pour rendre un dernier hommage à l’ancien maire de la ville, décédé dimanche à l’âge de 72 ans.

Réputé pour ses dérapages malheureux qui avaient provoqué son exclusion du PS en 2007, Georges Frêche n’en avait pas moins conservé un impressionnant capital sympathie à Montpellier (Hérault), ville dont il a été le maire durant 27 ans. En témoignent les milliers de Montpelliérains rassemblés hier à la cathédrale Saint-Pierre où ont eu lieu les obsèques de cet animal politique, décédé dimanche d’une crise cardiaque à l’âge de 72 ans. Sur le parvis, un écran géant avait même été installé afin de permettre aux nombreux habitants d’assister à la cérémonie.

L’arrivée du cercueil, vers 10h15, s’est accompagnée d’un tonnerre d’applaudissements. Un accueil qui a ému les proches de l’édile, parmi lesquels sa femme et ses cinq filles, de même que l’acteur Gérard Depardieu ou encore Louis Nicollin, président du club de football de la ville.

Provocateur

Les élus de tous bords, pro et anti-Frêche, sont également venus en nombre. Martin Malvy, président (PS) de la région Midi-Pyrénées, Gérard Collomb, sénateur-maire (PS) de Lyon ou encore José Montilla, président du gouvernement de Catalogne (Espagne) côtoyaient Hélène Mandroux, successeure de Georges Frêche à la tête de la ville et rivale malheureuse de l’ex-homme fort du Languedoc-Roussillon aux dernières élections régionales. Harlem Désir, numéro deux du Parti socialiste, avait également fait le déplacement. Signe d’apaisement tardif pour certains, énième hypocrisie pour les plus proches partisans de ce personnage controversé. Gérard Collomb a d’ailleurs dénoncé les « attaques profondément injustes » subies par cet « homme de courage » de son vivant. « Oui, Georges était un provocateur, mais il était aux antipodes de la caricature qu’on faisait de lui. On a voulu voir en lui un autocrate, un féodal de province, un raciste, un homophobe, un antisémite », a-t-il affirmé. Reste que les propos outrageants vis-à-vis des harkis et des « blacks » ont bien été prononcés par cet homme au charisme néanmoins incontestable. Georges Frêche a été inhumé dans le caveau familial, dans son village natal de Puylaurens (Tarn), dans la plus stricte intimité.

 

Philippe Peter

 

France-Soir, jeudi 28 octobre 2010

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