La pénurie de carburant préoccupe encore fortement la Fédération nationale des transports de voyageurs malgré la reprise mollassonne des livraisons.

Si les déclarations gouvernementales s’évertuent toujours à vouloir masquer l’évidence, la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) s’inquiète de son côté toujours très sérieusement de la pénurie de carburant, conséquence directe du conflit sur la réforme des retraites. Celle-ci risque en effet de forcer les autocaristes à réduire leur activité dès demain, malgré une reprise timide des livraisons. « Nous sommes confrontés comme tout le monde à de grandes difficultés d’approvisionnement en gasoil, notamment en régions Paca, Rhône-Alpes et surtout Ile-de-France », a ainsi déploré Michel Seyt, président de la FNTV, en marge de la seconde édition du salon Autocar Expo qui se tient à Nice (Alpes-Maritimes) jusqu’à demain. « Les choses ont toutefois évolué aujourd’hui (hier, ndlr) puisque plusieurs membres de la fédération m’ont confirmé qu’ils avaient commencé à être livré en carburant. Je suis donc plutôt optimiste, même s’il faut rester très prudent ».

Sur le fil du rasoir

Les cars ne faisant pas partie des véhicules dits prioritaires (ambulances, camions de pompiers ou encore fourgonnettes de l’administration pénitentiaire), les transporteurs ne sont pas mieux lotis que les autres automobilistes dans leur quête désespérée d’un carburant devenu très rare ces derniers jours. « Les véhicules des réseaux de transport scolaire devraient avoir assez de gasoil pour tenir jusqu’à la fin de la semaine, quoi qu’il arrive », rassure Michel Seyt. « Mais une chose est sûre, si les choses se figent, les entreprises qui disposent des réserves les plus importantes ne tiendront pas plus d’une semaine supplémentaire ».

Si les autocaristes sont en permanence « sur le fil du rasoir » depuis quelques jours, cette pénurie de carburant n’aurait pour l’instant pas eu de réelles conséquences économiques sur le secteur. « Il n’y a pas eu de cessation temporaire d’activité », précise Michel Seyt. La hausse subite du prix à la pompe inquiète néanmoins les professionnels qui refusent de payer les pots cassés.

 

Philippe Peter

 

France-Soir, vendredi 22 octobre 2010

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