Dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites, les éboueurs de Marseille se sont mis en grève illimitée, rappelant ainsi des souvenirs nauséabonds aux Phocéens.

 

Les poubelles s’entassent à nouveau dans les rues de Marseille (Bouches-du-Rhône). A croire que cette pratique est devenue une habitude. Mardi soir, après avoir participé à la journée nationale d’action sur les retraites, le syndicat majoritaire Force Ouvrière des territoriaux de la ville de Marseille et de la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM) a voté la grève totale jusqu’au retrait du plan gouvernemental. « Nous proposions de débuter le mouvement vendredi, mais une majorité d’employés a demandé à ce qu’elle commence dès mercredi », explique Patrick Rué, secrétaire général adjoint de FO Territoriaux. « Nous sommes archi-motivés ».

Depuis mercredi, aucun camion-benne n’est sorti des dépôts des douze arrondissements de la ville où la collecte des ordures ménagères est assurée par le service public. Les déchets des quatre autres arrondissements sont quant à eux évacués normalement par une entreprise privée qui, si elle n’est pas en grève pour le moment, avait fait parler d’elle il y a quelques mois lors d’un conflit social avec la communauté urbaine, en charge de la collecte et du traitement des détritus.

 

Menace de grève générale

 

Pour Eugène Caselli, président (PS) de MPM, qui fait « partie de ceux qui contestent le projet de loi sur les retraites », la situation « n’est pas bonne car elle ne fait pas avancer le dossier ». Tiraillé entre la position de son parti et ses obligations d’élu, il dit mettre tout en œuvre pour « assurer un service minimum et gêner le moins possible les Marseillais ». Les responsables syndicaux lui ont ainsi promis que les non-grévistes pourraient travailler normalement.

« Nous ne faisons pas grève de gaieté de cœur », assure Patrick Rué. « Les poubelles qui s’entassent dans les rues, ce n’est agréable pour personne, y compris pour nous ». Le syndicaliste précise néanmoins que le mouvement a pour l’instant le soutien de la population. Il doit par ailleurs s’étendre dès aujourd’hui aux cantines, aux crèches et aux écoles. Dimanche, les services municipaux en charge des sports pourraient également venir grossir les rangs des contestataires. Une éventualité qui menacerait directement la tenue des matchs à domicile de l’Olympique de Marseille, notamment sa confrontation en Ligue des Champions face à Zilina mardi prochain.

 

 

Philippe Peter

 

France-Soir, vendredi 15 octobre 2010

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