Le pilote de l’avion qui avait été porté disparu dimanche soir dans l’Hérault et sa famille ont péri dans le crash de leur appareil.

L’épave de l’avion de tourisme porté disparu depuis dimanche soir dans l’Hérault a finalement été retrouvée hier à Lauroux, au nord-ouest de Lodève, par l’équipage d’un hélicoptère SA.330 Puma. Un second appareil s’est par la suite porté sur zone pour hélitreuiller un médecin qui n’a pu que constater le décès des quatre personnes qui se trouvaient à son bord. Le pilote, Renaud Ecalle, capitaine dans l’armée de l’Air et as de la voltige aérienne, n’a en effet pas survécu au crash de son Jodel DR-1050 Ambassadeur qui transportait également sa femme et leurs deux enfants.

Météo défavorable

Le monomoteur avait décollé dimanche soir de l’aérodrome de Jonzac (Charente-Maritime) et devait rallier la base de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) où Renaud Ecalle, 30 ans, était affecté. La famille avait pris part à une journée portes ouvertes au cours de laquelle le pilote avait fait une présentation en vol. Vers 19h30, deux heures et demie après le décollage, il avait signalé par radio à la tour de contrôle de Montpellier qu’il devait faire face à des problèmes de navigation. Les conditions de vol s’étaient en effet considérablement dégradé depuis le décollage de Jonzac. Le contact a été définitivement perdu à 19h37.

Les recherches au sol, menées avec 60 personnes, avaient commencé le soir même, appuyées par d’importants moyens aériens. S’étant avérées sans succès, elles avaient repris hier matin, malgré des conditions météorologiques très défavorables qui avaient cloué au sol la composante aérienne de l’équipe de secours. L’Hérault avait en effet été placé dimanche en vigilance météo orange jusqu’à lundi midi, en raison des fortes précipitations et des rafales de vent attendues. En tout, une soixantaine de véhicules et plus de 230 personnes ont été mobilisés pour retrouver l’appareil. Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l’accident.

As de l’équipe de voltige de l’armée de l’Air, ancien pilote de chasse sur Dassault Mirage F1, Renaud Ecalle totalisait plus de 2.600 heures de vol. Surnommé l’Extraterrestre, il avait été sacré champion du monde de voltige en 2009 et champion d’Europe en 2010. Décrit comme quelqu’un de simple, de gentil et de serviable, il faisait l’unanimité dans le monde de l’aéronautique française qui perd ainsi l’un de ses plus grands virtuoses.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 05 octobre 2010

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