Aurélie Boullet, auteur d’un pamphlet dénonçant les dysfonctionnements du Conseil régional d’Aquitaine, a écopé de dix mois d’exclusion.

Son ouvrage avait fait l’effet d’un coup de pied dans une fourmilière. Et comme on pouvait s’y attendre, lesdites fourmis n’ont pas vraiment apprécié l’attaque. Aurélie Boullet, alias Zoé Shepard, a été sanctionnée « pour manquement à l’obligation de discrétion, manquement à l’obligation de réserve et comportement fautif à l’égard de sa hiérarchie ». Alors que le conseil de discipline du Conseil régional d’Aquitaine s’était prononcé le 1er juillet pour une exclusion de la fonction publique territoriale pendant deux ans (sans rémunération), la jeune femme de 30 ans a finalement écopé de dix mois d’exclusion, dont six avec sursis. Une suspension sans traitement ni droits à l’avancement qui lui a été signifiée par Alain Rousset, président (PS) de l’organe administratif directement visé par le fameux brûlot qui s’est déjà vendu à près de 40.000 exemplaires depuis sa sortie en mars.

Essai satirique

Entrée en 2007 à la délégation internationale du conseil régional comme chargée de mission, Aurélie Boullet avait publié Absolument dé-bor-dée ! (éd. Albin Michel), barré d’un bandeau particulièrement provocateur : « Comment faire 35 heures en… un mois ». Un essai satirique mais romancé dans lequel elle décrivait les lourdeurs d’un service administratif. Plusieurs salariés du Conseil régional d’Aquitaine s’étaient alors reconnus dans cette description.

Aurélie Boullet a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait contester cette sanction « devant la justice administrative, car aucun des griefs invoqués à l’appui de la décision n’est constitué ». Elle a également rappeler qu’elle devait quitter le conseil régional le 1er septembre pour prendre un poste dans une chambre régionale des comptes hors d’Aquitaine. Une mutation qui n’est évidemment plus d’actualité.

Ph. P.

France-Soir, mardi 31 août 2010

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