Marcel Albert, as des as du régiment de chasse Normandie-Niémen et Compagnon de la Libération, s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 92 ans dans sa maison de retraite de Harlingen (Texas).


Né le 25 novembre 1917 à Paris (XIIIe), il travaille très jeune comme ouvrier métallurgiste aux usines Renault. Passionné d’aviation, il décroche son brevet de pilote militaire en juillet 1938 et s’engage dans l’armée de l’Air.

En février 1940, il rejoint la deuxième escadrille du GC I/3, alors en cours de transformation sur Dewoitine D-520, à Cannes. Le 14 mai, il abat un Dornier Do 17 au-dessus de Suippes. Le 20 mai, il revendique une deuxième victoire qui ne lui sera comptée que comme probable.

Affecté en Afrique du Nord après l’Armistice, Marcel Albert projette de passer en dissidence ce qu’il fait en octobre 1941, profitant d’un vol d’entraînement pour rejoindre Gibraltar. Il ensuite la Grande-Bretagne en décembre 1941 où il s’engage dans les Forces aériennes françaises libres.

Après un passage dans la Royal Air Force et le groupe de chasse Ile-de-France, il se porte volontaire en octobre 1942 pour intégrer le régiment de chasse Normandie, déployé sur le front russe. Le 16 juin 1943, il remporte sa première victoire aux commandes de son Yakovlev Yak-1 aux dépends d’un Focke-Wulf Fw 189.

Héros de l’Union soviétique

Marcel Albert remportera un total de 22 victoires (plus une probable) sur le front de l’Est, essentiellement à bord de Yak-9, puis de Yak-3. Il devient ainsi le deuxième as français de la Seconde guerre mondiale derrière Pierre Clostermann (33 victoires), décédé en 2006.

Promu capitaine en décembre 1944, il termine la guerre avec la cravate de commandeur de la Légion d’honneur et la Croix de la Libération. Il est aussi fait Héros de l’Union soviétique, honneur suprême pour les soldats étrangers.

Il rejoint la France avec ses camarades le 20 juin 1945. Il se pose au Bourget à bord de son Yak-3, gracieusement offert par le maréchal Staline, devant une foule immense. Après avoir quitté l’armée en 1948, il épouse une citoyenne américaine et s’installe aux États-Unis où il crée une chaîne hôtelière dans les années 50.

Élevé le 12 avril 2010 à la dignité de Grand’croix de la Légion d’honneur, il était notamment titulaire de la Croix de guerre 39-45 avec 15 palmes et trois étoiles de vermeil et de la Médaille de la résistance avec rosette. Il était également décoré de trois distinctions soviétiques (Ordre de Lénine, Ordre du Drapeau rouge et Ordre de la Guerre pour le Salut de la patrie).

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