Façonné par l’exploitation houillère, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais offre une multitude de paysages naturels et urbains pour des randonnées surprenantes.

Crédit : Ph. Peter

Candidat au patrimoine mondial de l’UNESCO, le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, qui recouvre une surface de près de 4.000 hectares, a su mettre en avant depuis quelques années son histoire, ses traditions et les vestiges de ce qui a fait sa fortune durant près de trois siècles. L’avenir des carreaux de fosses, chevalements et terrils qui n’ont pas disparu dans les années 90, suite à la fermeture des dernier puits, semble donc aujourd’hui assuré. Reste toutefois à les valoriser, ce qui risque d’être compliqué vue l’importance des investissements à effectuer.

Dans cette optique, un guide proposant plusieurs itinéraires vient d’être édité par la Fédération française de randonnée (Tours du Bassin minier, coll. Topo Guides, 14,40 euros). Les circuits proposés sont très complets et invitent notamment les touristes à découvrir la richesse du patrimoine architectural de la région. Les cités minières – dont les fameux corons – gares, édifices religieux et écoles construits en briques rouges tout au long des XIXe et XXe siècle, typiques de cette époque de grand capitalisme paternaliste, sont ainsi au programme de ces différents parcours. Côté nature, le dénivelé des randonnée n’est certes pas très important et fera peut-être sourire les spécialistes de grimpette, mais les collines de l’Artois seront là pour rappeler que le Nord de la France n’a rien d’un plat pays.

Deux géants noirs

Crédit : Ph. Peter

Parmi les randonnées incontournables, celle des terrils jumeaux de la fosse 11/19, à Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais). Ces gigantesques cônes de schiste et de charbon sont les plus hauts terrils houillers d’Europe. Ils culminent à 182 et 184 mètres. Leur ascension est courte mais intense du fait d’une pente très importante. Une fois arrivé au sommet, le spectacle est époustouflant et la vue vertigineuse. Les deux géants noirs dominent Loos-en-Gohelle et l’ancien carreau de fosse aujourd’hui transformé en site pilote en matière de développement durable. On aperçoit au loin Lens, Liévin et Vimy, de même que de multiples excroissances pointues qui ne sont autres que quelques uns des dizaines de terrils qui ont poussé aux quatre coins de la région.

Crédit : Ph. Peter

Autre découverte étonnante, celle du terril plat des Argales, à Rieulay-Pecquencourt (Nord). Le site, qui repose sur une tourbière, a été en partie ré-exploité afin d’en tirer du schiste rouge (issu de la combustion souterraine du charbon contenu dans les résidus de mine) utilisé par exemple pour le revêtement des pistes d’athlétisme. Cette entreprise a laissé place à un étang devenu aujourd’hui une base de loisirs, mais également une réserve naturelle surprenante par sa taille et sa richesse. La flore s’est en effet très rapidement implantée directement sur le terril, malgré la pauvreté des sols. Bouleaux, joncs, ainsi que plusieurs variétés de plantes tropicales qui profitent du surplus de chaleur dégagé par la combustion du charbon y ont élus domicile. La faune, notamment les poules d’eau et les lièvres, profite elle aussi d’un cadre préservé. Incroyable lorsque l’on sait que ce site ressemblait il y a quelques années encore à un vaste désert noir et poussiéreux.

de notre envoyé spécial à Loos-en-Gohelle, Philippe Peter

France-Soir, samedi 21 août 2010

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