Le Centre historique minier du Nord-Pas-de-Calais perpétue la mémoire de l’exploitation houillère, 20 ans après la fermeture du dernier puits d’extraction de charbon.

Crédit : Ph. Peter

Situé à Lewarde (Nord), à moins de dix kilomètres à l’est de Douai, dans le Pas-de-Calais voisin, le Centre historique minier est un lieu unique en son genre. Installé sur le carreau de l’ancienne fosse Delloye, fermée en 1971, il constitue la mémoire de la mine dans une région qui peine toujours à se remettre de l’arrêt définitif de l’extraction de charbon. Difficile, il faut bien l’admettre, de reconvertir massivement un territoire après trois siècles d’une exploitation houillère intensive qui a fortement marqué son paysage, sa population et son économie. Même si 20 ans se sont écoulés depuis la fermeture du dernier puits à Oignies.

Site reconverti

Le site de l’ancienne fosse Delloye, aujourd’hui métamorphosé en musée, est saisissant. Quasiment intégralement préservé – une exception dans une région qui a voulu très vite oublier son passé en effaçant les éprouvants stigmates d’une époque révolue – il illustre parfaitement les techniques de construction utilisées pour l’aménagement des carreaux de fosse au XIXe et XXe siècles. Deux colossaux chevalements entièrement restaurés dominent un ensemble de larges bâtiments en briques rouges, tels des géants d’acier dont les jambes s’enfonceraient au plus profond de la Terre. La Compagnie des mines d’Aniche, ancienne propriétaire du site, a exploité ce gisement durant 40 ans, et le record de tonnage y a été atteint en 1963 avec 1.218 tonnes de charbon extraites en moyenne par jour.

Crédit : Ph. Peter

En 1973, deux ans après sa fermeture, la fosse Delloye est choisie pour être transformée en lieu de mémoire de la mine. A cette époque, le déclin de l’exploitation houillère dans la région est déjà largement engagé et sa mise à mort programmée et irréversible. Le site, dépollué et réhabilité, ouvre ses portes au public en 1984 et accueille cette année-là près de 18.000 visiteurs. 25 ans plus tard, le Centre historique minier, devenu entre-temps un lieu de mémoire incontournable dans la région, accueille plus de 150.000 visiteurs chaque année.

Descente dans le puits

Sur un espace de près de huit hectares, dont 8.000 m2 de bâtiments, le public découvre tour à tour le bureau des géomètres et de l’ingénieur, la salle des pendus – qui servait de vestiaires et de douches aux gueules noires avant et après leur descente au fond des puits – ou encore la lampisterie, où les mineurs récupéraient leurs torches, indispensables à leur éclairage et à la détection du tristement célèbre grisou. Après s’être coiffés de leur casques de protection et avoir traversé la passerelle du personnel, les visiteurs pénètrent dans un ascenseur qui les mènera au plus profond de la mine où, coincés dans des galeries étroites et sombres, ils débuteront leur voyage sur les pas des héros de Germinal. Claustrophobes, s’abstenir !

Renseignements : 03.27.95.82.82. ou www.chm-lewarde.com

De notre envoyé spécial à Lewarde, Philippe Peter

France-Soir, samedi 14 août 2010

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