Les gauchers seront à l’honneur aujourd’hui à Brive-la-Gaillarde à l’occasion d’une grande fête organisée dans le cadre de la Journée internationale des gauchers.

Leonardo da Vinci, Albert Schweitzer, Honoré de Balzac ou encore Jimi Hendrix. Tous ces hommes célèbres ont la particularité d’être gauchers. Une caractéristique qu’ils partagent avec 8 % de la population mondiale. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale des gauchers, créée en 1976, cette minorité sera honorée à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) dans le cadre d’une grande fête organisée par le site Internet lesgauchers.com. Six artistes – gauchers, cela va de soi – feront montre de leurs talents de musicien, chanteur ou encore ventriloque. Pas sectaire pour un sous, cet événement sera bien sûr ouvert à tous. Il entend notamment inviter les droitiers à découvrir un autre univers à l’occasion de conférences données notamment par la graphotérapeute Pascale Chavonnet.

Car s’il y a pléthores d’illustres gauchers, l’immense majorité d’entre-eux restent malheureusement « lésés dans un monde pensé par les droitiers », déplore Andrea Hayek-Schwartz, pédagogue autrichienne spécialisée dans la rééducation des gauchers contrariés. « Les produits pour gauchers, tels couteaux, paires de ciseaux ou même instruments de musique, se font rares et chers ».

Connotation négative

L’usage de la main gauche a pendant des siècles eu une connotation négative. En Inde, il est ainsi interdit de s’en servir pour manger, tout comme dans les pays musulmans où elle est utilisée pour toucher les choses sales. En Europe, des générations d’écoliers gauchers ont été contraintes par la force à se servir de leur main droite pour des raisons aussi obscures qu’absurdes. Les qualificatifs « gauche » ou « maladroit » ne sont eux non plus pas anodins.

Les conséquences de ces pratiques peuvent s’avérer catastrophiques. Les gauchers convertis en droitiers – comme si le fait d’être gaucher était une tare – souffrent ainsi souvent de problèmes de concentration, de mémoire ou d’apprentissage. En revanche, la nécessité pour les gauchers de s’adapter à un monde organisé par et pour les droitiers leur permettrait d’optimiser l’utilisation de leurs deux hémisphères cérébraux. Ce qui, contrairement à la légende, ne les rend pas plus intelligents pour autant.

Renseignements : www.lesgauchers.com

Philippe Peter

France-Soir, vendredi 13 août 2010

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