Spécialisé dans la préservation des plantes menacées, le Conservatoire botanique national de Brest recèle des trésors de la flore locale et internationale.

Coincé au cœur du vallon du Stang-Alar, le Conservatoire botanique national de Brest (Finistère) et ses 47 hectares bénéficient d’un environnement pour le moins enchanteur. Aménagé sur le site d’une ancienne carrière, il profite d’un micro-climat qui lui permet d’abriter près de 4.000 variétés de plantes (dont 1.700 menacées ou disparues dans la nature) poussant en Bretagne, dans les régions limitrophes, mais également dans les départements d’Outre-Mer.

Au cœur de ce petit paradis végétal, un étang, sur les bords duquel s’ébattent canards et autres poules d’eau, appelle au calme et à la sérénité. Plus bas, un parc public de 16 hectares s’étale sur deux kilomètres de long jusqu’au plus profond de la vallée et se révèle être un lieu idéal pour d’agréables promenades familiales. En haut de la falaise abrupte qui surplombe le plan d’eau et ses nénuphars se dressent plusieurs serres. C’est dans ces bâtiments en verre que l’équipe scientifique remplie la mission première du conservatoire : cultiver et surtout préserver plusieurs centaines de variétés de plantes aujourd’hui menacées d’extinction. Ces végétaux, multipliés sous serres ou en plein air, selon leurs régions d’origine, sont ensuite diffusés auprès d’autres organismes similaires (afin d’éviter leur disparition en cas de maladie ou d’accident) et, lorsque c’est possible, réintroduites dans leur milieu naturel.

Collections uniques

Spécialisé dans la préservation de la flore provenant de Bretagne, des Pays de la Loire et de Basse-Normandie, mission pour laquelle il fut créé en 1975, le conservatoire botanique national de Brest recèle également un certain nombre de plantes tropicales, toutes ou presque menacées d’extinction ou d’ores et déjà disparues dans la nature. Les serres brestoises cachent ainsi des spécimens de Cylindrocline lorencei (famille des marguerites), une fleur endémique de l’île Maurice d’où elle a totalement disparue, de Normania triphylla (famille des pommes de terre), qui poussait autrefois sur l’île de Madère, ou encore d’Eugenia gryposperma (famille des eucalyptus), plus connue à la Martinique sous le nom de goyavier bâtard où cette plante est jugée « vulnérable ». Objet de toutes les curiosités, une énorme jardinière placée au cœur de la serre tropicale abrite le tubercule d’un Arum titan, une plante dont l’inflorescence est la plus grande fleur du monde puisqu’elle mesure plus de deux mètres. Très capricieuse, elle ne s’ouvre cependant que tous les dix ans en moyenne et pour une durée de… 72 heures !

En présentant ces collections uniques au public, le conservatoire botanique de Brest tente parallèlement de sensibiliser les visiteurs au problème de la préservation de la biodiversité pour les génération futures. Entreprise qui passe bien entendu en premier lieu par la protection des espèces menacées.

Renseignements : www.cbnbrest.fr

de notre envoyé spécial à Brest, Philippe Peter

France-Soir, jeudi 29 juillet 2010

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