A défaut d’audace, Chantal Jouanno a choisi l’apaisement hier en annonçant qu’il n’y aurait pas de nouveaux lâchers d’ours dans les Pyrénées, sauf si l’un d’entre eux venait à disparaître de manière accidentelle. Seule une ourse viendra grossir les rangs clairsemés de la population de plantigrades pyrénéens (estimée entre 19 et 22 individus) car il n’y a plus de femelle dans l’ouest du massif depuis la disparition de Franska, tuée lors d’un accident de la route en 2007. Une réintroduction qui interviendra dans le Béarn au printemps prochain. « L’objectif est de conserver une population viable, c’est-à-dire qui se reproduit, sans besoin d’introduction. Aujourd’hui, les conditions semblent réunies », a jugé la secrétaire d’État à l’Ecologie.

Anti-ours ravis

Cette déclaration très attendue dans la région a évidemment ravi les militant anti-ours – dont la majeure partie sont des éleveurs – qui se plaignent régulièrement des attaques dont sont victimes leurs troupeaux et qui avaient violemment protesté contre le projet de réintroduction d’ours présenté en janvier dernier par Chantal Jouanno. Philippe Lacube, responsable de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (Aspap), s’est ainsi réjouit de l’abandon du plan ours initial estimant que le gouvernement a fait « un pas en avant et deux en arrière ». D’autres opposants vont encore plus loin. « C’est pas dit qu’on les laisse faire », a menacé un chasseur, faisant référence à la mort de Canelle.

Du côté des militants écologistes, c’est l’incompréhension qui prime. « Chantal Jouanno cède aux pressions des anti-ours » et « fait fausse route », estime l’Alliance écologiste indépendante qui précise qu’une « population minimum d’une cinquantaine d’ursidés serait nécessaire pour une reproduction efficace ». Pour cette association, « l’ours n’est pas uniquement un symbole » car « leur préservation est garante de la biodiversité ». Rappelons que la secrétaire d’État à l’Ecologie avait convenu que la population de plantigrades n’était génétiquement pas viable en dessous de 50 individus.

Philippe Peter

France-Soir, mardi 27 juillet 2010

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