Pendant marin à la cité des sciences de la Villette, Océanopolis fête cette année ses vingt ans. Un anniversaire placé sous le signe de la biodiversité.

Avec son architecture basse et anguleuse, Océanopolis fait un peu figure d’OVNI dans le paysage brestois. Installé à proximité du port de plaisance de la sous-préfecture du Finistère, le parc de découverte des océans a été fondé il y a vingt ans par deux scientifiques passionnés – deux fous diront certains – largement épaulés dans leur entreprise par un partenaire économique qui s’était tout d’abord montré réticent, mais qui a finalement été séduit par cet ambitieux projet. « Notre idée consistait à la base à monter une structure pour présenter au public des poissons et des phoques que nous récupérions sur les plages de la région », se souvient Éric Hussenot, co-fondateur du parc dont il est aujourd’hui le directeur. « La prise de conscience de l’opinion publique après le naufrage de l’Amoco Cadiz, en 1978, de la nécessité de préserver le patrimoine naturel alliée à une volonté politique forte de démocratiser la culture scientifique ont ensuite joué en notre faveur ». Une position écologiste aujourd’hui très en vogue, mais qui prêtait largement à sourire à la fin des années 80.

Avec ses larges façades d’un blanc immaculé, Océanopolis s’impose dès sa première année d’exploitation comme le premier équipement touristique de Bretagne avec plus de 500.000 visiteurs. Depuis, le site a déjà vu passer huit millions de personnes ce qui lui permet d’afficher fièrement un taux de rentabilité de 75 %.

Nouvelle extansion

Conçu comme une cité des sciences de la Villette consacrée aux merveilles de la mer, Océanopolis et ses 16.000 m2 ont dès leur lancement adopté une approche scientifique destinée à sensibiliser le public aux questions relatives à la gestion et à la protection des océans. Afin de rendre cette démarche plus compréhensible, le site a été imaginé comme un véritable spectacle vivant. Trois pavillons (respectivement consacrés aux régions polaires, tropicales et tempérées) abritent 50 aquariums, une manchotière, un bassin pour les phoques, de même qu’une mangrove et une serre tropicale. 10.000 animaux, répartis en 1.000 espèces, y évoluent devant les yeux ébahis des visiteurs. Une salle de cinéma diffuse également sur trois écrans géants des documentaires tournés aux quatre coins de la planète par des équipes de chercheurs et de scientifiques.

Agrandi une première fois en 2000, Océanopolis va connaître une seconde extension dont les travaux, estimés à quatre millions d’euros, devraient débuter en fin d’année pour une ouverture prévue en 2013. Au cœur de ce nouveau projet : un nouveau bassin qui sera intégralement destiné aux loutres.

Biodiversité marine

En attendant, le parc de découverte des océans a décidé de fêter dignement son vingtième anniversaire en proposant aux visiteurs une nouvelle exposition temporaire consacrée à la biodiversité marine. Intitulée Océan de vies, elle revient sur l’histoire de l’évolution, ses mythes et ses réalités. « Nous avons recensé environ 1,8 millions d’espèces sur Terre, dont un million d’insectes et 300.000 espèces marines », explique Jean-Paul Alayse, co-fondateur d’Océanopolis. « En fait il y en aurait plusieurs dizaines de millions que nous ne connaissons pas encore », en particulier au plus profond des abysses. « La vie invente toujours de nouvelles choses, elle est perpétuellement en mouvement », poursuit le scientifique. « C’est pourquoi près d’un million d’espèces ont disparu depuis trois millions d’années au cours de six extinctions », la dernière en date étant malheureusement en très grande partie imputable à l’homme. Une partie de cette exposition est d’ailleurs consacrée à la place de l’homme au sein de la biodiversité et à son impact sur la faune et la flore marines et leurs incroyables mais fragiles richesses.

Tarifs : de 11 à 16,50 €, gratuit pour les moins de 4 ans. Horaires : tous les jours de 9h à 19h. Renseignements : 02.98.34.40.40. ou www.oceanopolis.com

de notre envoyé spécial à Brest, Philippe Peter

France-Soir, samedi 17 juillet 2010

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