Le moustique-tigre, vecteur du chikungunya et de la dengue, va faire l’objet d’une surveillance renforcée afin d’empêcher sa prolifération.

Après avoir infecté près de 270.000 personnes et causé la mort de 250 d’entre-elles à la Réunion en 2005-2006, le virus tropical du chikungunya menace désormais la métropole. Des spécimens de moustique-tigre « Aedes albopictus », son vecteur naturel qui transmet également la dengue, ont en effet d’être repérés à Marseille (Bouches-du-Rhône), dans les quartiers de La Valentine (XIe) et de Saint-Barnabé (XIIe). Au mois d’avril dernier, un arrêté ministériel avait anticipé une éventuelle épidémie en prévoyant la mise en place pour la période estivale d’une surveillance particulière dans les départements des Alpes-Maritimes, du Var et des Bouches-du-Rhône où « les moustiques constituent un danger pour la santé des populations ».

Les autorités sanitaires craignent en fait l’introduction du chikungunya et de la dengue par un voyageur malade et sa prolifération, par la suite, à l’ensemble de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur. Un cas de figure qui s’était déjà présenté en Italie, en 2007, lorsqu’un cas signalé dans un village des alentours de Ravenne (en Émilie-Romagne, dans le nord du pays) s’était soldé par la contamination de 240 personnes en deux mois. Peu de temps après, le moustique-tigre avait migré et s’était installé dans les Alpes-Maritimes.

Et les choses peuvent très vite évoluer. Pour qu’un cas autochtone de chikungunya ou de dengue se déclare, il faut qu’un moustique-tigre femelle pique une personne malade puis d’autres individus, leur transmettant par la même occasion la maladie. Sachant que 24 cas de dengue et un de chikungunya ont déjà été recensés depuis le début de l’année en Paca – il s’agissait de voyageurs revenant d’un séjour dans l’océan Indien ou dans les Antilles – l’hypothèse d’un cas autochtone n’est donc pas à exclure, d’autant que le moustique-tigre a considérablement étendu son territoire depuis sa première apparition. Celui-ci s’étend désormais à tout l’arrière-pays provençal et à la Corse.

Afin d’encadrer cette prolifération, une surveillance renforcée a été décrétée. Cibles principales des autorités sanitaires : les zones de stockage de pneus usagés et toute source d’eaux stagnantes, même de petite taille, où les moustiques aiment à pondre leurs œufs. Rappelons que les symptômes du chikungunya et de la dengue sont une fièvre importante, des courbatures, des douleurs aux articulations ou encore des manifestations hémorragiques.

Ph. P.

France-Soir, vendredi 11 juin 2010

Publicités