La volonté de la mairie de Saint-Dié-des-Vosges de fermer une école primaire soulève la colère de nombreux parents d’élèves.

Début avril, la municipalité de Saint-Dié-des-Vosges annonçait la fermeture dès la fin l’année scolaire de l’école élémentaire Camille-Claudel, un établissement de trois classes situé dans le quartier-village de Marzelay et qui doit fusionner avec l’école Baldensperger. Plusieurs dizaines de parents d’élèves, surpris par ce projet qu’ils jugent « incompréhensible » et rassemblés au sein d’un mouvement de contestation « apolitique », réclament depuis son ajournement et une concertation globale pour la rentrée 2011. 300 personnes ont encore manifesté samedi dernier et une pétition a réuni plus de 4.000 signatures, selon le blog des contestataires (http://marzelay-dans-la-rue.over-blog.com).

Alors que cette fermeture programmée doit être définitivement actée le 18 juin en conseil municipal, deux parents ont décidé de mettre la mairie sous pression et ont entamé, il y a dix jours, une grève de la faim. « Je sais que notre démarche peut paraître absurde ou surnaturelle, mais elle nous permet d’alerter l’opinion sur notre situation », explique Pascal Mathis, l’un des deux grévistes installés dans un camping-car garé en face de l’Hôtel de ville. « Toutes nos démarches pour obtenir plus d’informations ont échoué et la municipalité mène contre nous une véritable campagne de dénigrement ». Selon Pascal Mathis, la décision de fermer l’école Camille-Claudel, qui compte 67 élèves et doit en accueillir 75 à la rentrée prochaine, « ne se justifie absolument pas », d’autant que l’inspection académique n’a annoncé aucune suppression de postes ni de classes.

Action disproportionnée

Du côté de la municipalité, on déplore évidemment la démarche. « Je n’ai pas les moyens d’arrêter cette grève de la faim même si je la trouve totalement disproportionnée », regrette Romuald Gbedey, adjoint à l’Éducation, qui précise qu’il « s’agit d’un transfert d’école qui ne met pas en péril le bien-être des enfants ». Cette mesure vise, selon lui, à contrer les effets de l’érosion continue des effectifs scolaires et à mutualiser les moyens en supprimant la plus petite école de la ville qui ne compterait, selon la municipalité, que 38 élèves. « Ma porte est toujours ouverte, même si j’accepte de moins en moins de me faire insulter dès ma descente de voiture », conclu l’élu en attendant le vote du conseil municipal.

Philippe Peter

France-Soir, mercredi 16 juin 2010

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